Évaluation des risques de crédit rattachés aux instruments financiers à valeur amortie aux fins du calcul des provisions collectives

Propriétés du document

  • Type de publication : Ligne directrice
  • Catégorie : Comptabilité
  • Version originale : octobre 2001
  • Révision : juillet 2010
  • No : C-5
  • Public : Banques / SBE / SFP

La présente ligne directrice esquisse le cadre de réglementation des provisions collectives et doit être interprétée de concert avec la ligne directrice C-1, Évaluation des risques de crédit rattachés aux instruments financiers à valeur amortie aux fins du calcul des provisions pour dépréciation. Elle s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2011.

Elle se substitue à la déclaration de principe intitulée Provisions générales pour risque de crédit, parue en octobre 2001 et remaniée en novembre 2007. Elle confirme l’exigence selon laquelle les banques et les sociétés de fiducie et de prêt doivent conserver des provisions collectives suffisantes pour absorber les pertes sur créances à l’intérieur de leurs portefeuilles, conformément aux normes internationales d’information financière (IFRS) de l’International Accounting Standards Board (IASB).

A. Introduction

La politique du BSIF sur l’évaluation des pertes sur créances a évolué au fil des ans. La présente ligne directrice se substitue à la déclaration de principe intitulée Provisions générales pour risque de crédit, parue en octobre 2001 et remaniée en novembre 2007. La présente version de ce document confirme les principes qui sous-tendent l’établissement de provisions pour instruments financiers à leur coût amorti, conformément à la norme IAS 39 des IFRS de l’International Accounting Standards Board. Elle renferme également des directives sur l’établissement de provisions et énonce le processus préconisé par le BSIF pour évaluer la politique d’une institution financière en matière de provisions collectives, et les méthodes qui s’y rattachent.

Objectifs

La présente ligne directrice vise à promouvoir :

  • de saines politiques et pratiques d’évaluation du risque de crédit rattaché aux instruments financiers à leur coût amorti;

  • des méthodes de gestion des risques suffisantes et pertinentes pour les entreprises;

  • l’adoption d’une démarche active et par anticipation au chapitre de l’évaluation et de la déclaration des risques et des pertes relatives au portefeuille d’une institution;

  • le calcul de provisions collectives qui tiennent compte de façon précise et exacte des pertes à l’intérieur du portefeuille;

  • la divulgation suffisante des provisions collectives et des comptes connexes.

B. Cadre

Conformément à la ligne directrice Sound Credit Risk Assessment and Valuation for Loans qu’a diffusée le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB) en juin 2006, une institution devrait t adopter et documenter de saines méthodes de gestion des prêts douteux, lesquelles comprendront des politiques, des procédures et des mécanismes de contrôle de l’évaluation du risque de crédit, et traiteront de la détection des créances posant problème et du calcul des provisions en temps utile.

Les données recueillies révèlent qu’il existe une période entre la survenance des événements générateurs de perte – c’est-à-dire une situation où l’emprunteur est incapable de rembourser l’intérêt ou le capital – et le moment où la direction est en mesure de déceler cette perte. Il convient donc d’établir des provisions collectives pour risque de crédit afin de tenir compte des pertes que la direction estime avoir subies à la date du bilan dans son portefeuille d’instruments financiers à leur coût amorti qui ne sont pas encore individuellement qualifiés de douteux.

Les provisions collectives ne remplacent pas les provisions individuelles visant les instruments financiers individuels d’envergure. Par conséquent, si desun instrument financier individuel d’envergure à son coût amorti est qualifié de douteux, des provisions individuelles doivent être établies. Les instruments financiers individuels qui ne sont pas d’envergure doivent faire l’objet de provisions individuelles ou collectives, conformément à la norme IAS 39.64. Le BSIF demande aux institutions d’être prêtes à faire la preuve de l’adéquation de leurs provisions collectives et individuelles.

Selon les données observées, les créances qui posent problème prennent souvent leur source dans des périodes de croissance économique. Habituellement, lorsque le cycle économique ou des affaires atteint son apogée et commence à régresser, davantage d’instruments financiers à leur coût amorti sont susceptibles de devenir douteux. Cependant, bon nombre de créances posant problème ne deviennent individuellement douteuses qu’après une certaine période, lorsque les preuves de problème deviennent de plus en plus évidentes.

Bien qu’il y ait nombre de façons de déterminer la provision collective d’une institution, il faut saisir le fonctionnement du processus pour établir la méthode qui convient le mieux. Le solde du compte de provision collective devrait augmenter pour tenir compte de la croissance du portefeuille à la date à laquelle le bilan est établi et des preuves de détérioration de la qualité du crédit dans le cadre du cycle économique. Puisque les provisions collectives dépendent du niveau correspondant des provisions individuelles, il pourrait en découler un effet de contrepoids sur le niveau des provisions collectives au moment où les provisions individuelles sont déterminées. L’ampleur de cet effet sur le niveau de la provision collective dépend de nombreux facteurs, dont la croissance du portefeuille, l’évolution du profil de crédit à l’intérieur du portefeuille et l’envergure de la provision individuelle.

À toutes les étapes d’un cycle économique, une institution doit conserver un certain niveau de provisions collectives qui corresponde au profil de risque de son portefeuille. Puisque les provisions collectives et individuelles sont liées, il est nécessaire d’examiner et d’évaluer périodiquement la suffisance des provisions collectives, compte tenu de l’évolution du portefeuille.

C. Directive touchant l’évaluation

Portée

La présente ligne directrice s’applique aux instruments financiers classés à leur coût amorti en vertu de la norme IAS 39. Bien que la présente ligne directrice ne vise pas les instruments hors bilan, le BSIF s’attend à ce qu’un processus tout aussi rigoureux soit mis en œuvre pour appuyer les provisions pour pertes sur créances au titre des expositions hors bilan qui ne sont pas calculées à leur juste valeur, notamment certaines garanties et acceptations bancaires, lettres de crédit, lignes de crédit inutilisées et substituts de prêts. Les provisions pour pertes sur créances au titre des expositions hors bilan sont consignées avec les autres passifsNote de bas de page 1, conformément à la norme ISA 37.

Les instruments financiers établis à leur coût amorti qui ne sont pas précisément désignés douteux doivent être groupés d’après des caractéristiques semblables de risque de crédit qui révèlent la capacité du débiteur de rembourser tous les montants exigibles selon les dispositions contractuelles de l’instrument financier. Pour bien saisir la portée du caractère douteux d’un prêt, la provision collective doit tenir compte des instruments financiers établis à leur coût amorti pour toutes les catégories de créances; en outre, une institution doit mettre en place un système fiable de classement de ces instruments financiers selon le risque de crédit.

Éléments de dépréciation collective

L’évaluation de la dépréciation sur une base collective doit se fonder sur les renseignements disponibles et pertinents. La méthode utilisée par une institution pour établir la dépréciation dépend de nombreux facteurs, notamment la complexité, le contexte opérationnel et la stratégie, les caractéristiques du portefeuille, la procédure administrative appliquée aux instruments financiers établis à leur coût amorti et les systèmes d’information de gestion. Toutefois, l’institution devrait intégrer des éléments communs à sa méthode de dépréciation.

La dépréciation collective de groupes d’instruments financiers établis à leur coût amorti, qui comportent des caractéristiques semblables de risque de crédit, doit comprendre :

  • des données actuelles et fiables, le jugement éclairé des membres de la direction en matière de crédit, et tous les facteurs internes et externes pertinents connus qui peuvent influer sur la possibilité de recouvrement (notamment des facteurs sectoriels, géographiques, économiques et politiques);

  • des données historiques sur les pertes, ou les situations où les institutions n’ont pas de telles données ou disposent de données insuffisantes, ou des données de pairs au titre de groupes d’instruments financiers comparables à leur valeur amortie;

  • le rajustement des données historiques sur les pertes d’après des données observables actuelles pour tenir compte des effets de la situation actuelle. L’orientation des estimations des flux de trésorerie futurs doit être semblable à celle des données observables sous-jacentes;

  • le rajustement de la méthode d’estimation visant à réduire les écarts entre les estimations des flux de trésorerie futurs et actuels;

  • les attributs d’un groupe précis d’emprunteurs;

  • d’autres caractéristiques qui influent directement sur la possibilité de recouvrement de groupes d’instruments financiers à leur coût amorti qui sont exclusifs à un groupe d’emprunteurs dans une catégorie de crédit;

  • des hypothèses raisonnables et défendables, et des documents suffisants.

Une institution doit maintenir un point de vue réaliste sur ses activités de prêt et évaluer adéquatement l’incertitude et les risques de ses activités de préparation des estimations comptables. Si le niveau acceptable de la provision collective se situe à l’intérieur d’une fourchette, il convient d’utiliser la meilleure estimation à l’intérieur de cette fourchette, conformément à la norme IAS 39.AG86.

Évolution de la provision collective

Le niveau de la provision collective devrait varier selon la nature et la composition du portefeuille de l’institution, des mouvements du cycle économique et de l’efficacité des politiques et méthodes internes de l’institution en ce qui touche le risque de crédit. La direction de l’institution doit suivre de près l’évolution de la situation et les facteurs de la dépréciation qui peuvent en découler, et tenir compte de cette évolution en majorant ou en réduisant, le cas échéant, les provisions collectives et individuelles. Il n’est pas nécessaire d’aviser le BSIF des rajustements périodiques conformes à la méthode appliquée par l’institution pour établir la provision.

Des montants passeront des provisions collectives aux provisions individuelles. Dans une situation normale, ces transferts surviennent lorsque des provisions individuelles sont établies pour tenir compte du caractère douteux de chaque prêt. Un transfert de la provision collective à la provision individuelle ne peut être effectué que lorsque chaque instrument financier à son coût amorti peut être attribué à des catégories ou sous-groupes de risques pour lesquels la provision collective a été établie. Le niveau de la provision collective résiduelle doit continuer de profiter du soutien de la méthode utilisée par l’institution pour établir la provision.

Les majorations et réductions des provisions collectives doivent être systématiques et rationnelles, et être étayées de variations observables des éléments de la dépréciation qui ont été constatés L’orientation de l’évolution de la provision collective doit être conforme à celle des éléments déterminés de la dépréciation.

La méthode de calcul du niveau des provisions collectives doit être appuyée par des données observables pertinentes. Ces données doivent être évaluées périodiquement selon l’évolution de la situation ou lorsque de nouvelles données plus pertinentes et directement représentatives des pertes deviennent disponibles. Si l’évolution de la situation ou des améliorations au chapitre de l’accès aux données se traduisent par des changements importants en ce qui touche la méthode d’établissement des provisions collectives, le BSIF doit en être avisé.

Si la situation ou la composition d’un portefeuille sous-jacent a sensiblement changé, l’institution doit examiner les éléments de la dépréciation; cette situation pourrait à son tour se traduire par une réévaluation ou un recalibrage d’une partie de la provision collective. Avant qu’un rajustement ponctuel important de ce genre ne soit effectué, le BSIF doit en être avisé. L’institution devra alors prouver que :

  • les conditions dans lesquelles elle avait établi son niveau de provision collective ont sensiblement changé;

  • le rajustement est justifié par la méthode utilisée par l’institution pour déterminer le niveau de la provision.

Certaines circonstances peuvent également justifier un rajustement de la répartition de la provision collective entre des catégories ou sous-groupes pour tenir compte de situations particulières ou mieux refléter la répartition sous-jacente du risque. Avant qu’un rajustement important de cette nature ne soit effectué, le BSIF doit en être avisé. En outre, une réaffectation importante entre des segments du portefeuille pousserait l’institution à examiner ses méthodes sous-jacentes d’établissement de la provision collective.

En outre, le BSIF s’attend que les institutions établissent et tiennent à jour une définition de l’importance relative se rapportant à la modification des éléments suivants : sa méthode d’établissement des provisions collectives et le niveau de la provision collective. Pour bien évaluer l’importance relative, l’institution doit envisager une combinaison de facteurs, dont entre autres l’impact sur les systèmes, les données et les méthodes. La définition de l’importance relative par une institution, et son évolution, doivent être approuvés par son conseil d’administration. Le BSIF examinera ces définitions de l’importance relative dans le cadre de son processus permanent d’inspection de la surveillance et il pourrait imposer des définitions différentes s’il estime que la politique interne de l’institution comporte des lacunes.

Seuil des provisions collectives

Conformément à la ligne directrice du CBCB (SCRAVL), le montant global des provisions collectives et individuelles d’une institution doit être suffisant pour absorber les pertes estimatives sur créances à l’intérieur du portefeuille. Le BSIF s’attend que les pratiques de dépréciation soient rigoureuses et fassent appel au jugement éclairé des membres de la direction. À ces fins, la méthode d’établissement des provisions collectives doit prévoir l’établissement d’un niveau de provision collective qui tienne compte des pertes sur créances inhérentes au portefeuille de risque de l’institution. L’application d’un jugement éclairé par une institution et des estimations raisonnables sont des éléments essentiels de la prise en compte et de l’évaluation des pertes sur créances.

Les données historiques sur les pertes peuvent être limitées et ne pas être parfaitement pertinentes par rapport à la situation actuelle; par conséquent, la direction peut devoir appliquer son jugement éclairé en matière de créances pour calculer le montant des pertes sur créances. Pour les groupes d’instruments financiers à leur coût amorti dont la perte est évaluée collectivement, les pertes estimatives sur créances doivent tenir compte du taux historique net de passage par pertes et profits rajusté à la hausse ou à la baisse pour refléter les tendances, la situation et d’autres facteurs pertinents qui affectent le paiement anticipé de l’instrument financier à son coût amorti à l’intérieur des groupes à la date d’évaluation.

Documentation

Dans le cadre de son processus d’évaluation du risque de crédit, une institution doit élaborer et mettre en œuvre de vastes procédures et systèmes d’information afin de surveiller la qualité de ses portefeuilles, y compris des critères qui déterminent et déclarent les instruments financiers à coût amorti qui posent problème afin de garantir de façon raisonnable qu’ils sont correctement surveillés, administrés et prévus. Le BSIF demandera aux institutions de conserver dans leurs dossiers des documents suffisants sur leurs données et le jugement de leurs cadres pour appuyer leurs provisions collectives.

D. Divulgation

Les leçons tirées de la crise financière ont révélé qu’une meilleure transparence est nécessaire pour favoriser la confiance du marché. Le BSIF appuie la notion de discipline de marché et le rôle qu’y joue la divulgation de renseignements de qualité. L’IFRS 7 et d’autres sections des IFRS renferment certaines exigences de divulgation des provisions collectives au titre des pertes sur créances et des comptes connexes.

Plus particulièrement, l’IFRS 7.16 exige que lorsqu’un compte de provision est utilisé pour consigner des pertes collectives ou individuelles, un rapprochement est fourni au titre des changements survenus dans ce compte au cours de la période. Même si les IFRS n’exigent pas explicitement la divulgation distincte des provisions collectives et individuelle, le BSIF estime que cette information est utile pour les utilisateurs des états financiers et qu’elle devrait permettre de raffermir l’influence du pilier 3 (discipline du marché) sur les institutions.

En conséquence, le BSIF exige que les institutions divulguent séparément les provisions collectives et individuelles en fournissant un rapprochement des changements apportés à chacun de ces comptes au cours de la période.

E. Le conseil d’administration et la haute direction

Le conseil d'administration et la haute direction d’une institution sont chargés de veiller à ce que l’institution dispose de méthodes pertinentes d’évaluation du risque de crédit et de mécanismes de contrôle interne efficaces pour déterminer de façon uniforme les politiques et procédures déclarées de l’institution, le cadre comptable applicable et les consignes de surveillance. Ils doivent bien saisir et déterminer la nature et le niveau du risque assumé par l’institution, de même que le rapport entre ces risques et le niveau des provisions collectives et individuelles. Ils doivent également assurer la pertinence du caractère officiel et de la complexité des méthodes de gestion du risque, compte tenu du profil de risque et du plan d’affaires de l’institution.

Le conseil d'administration doit établir le niveau de tolérance de l’institution au risque. Il doit également veiller à ce que la direction mette au point un système de mesures permettant d’évaluer les risques, élabore un système de concordance entre le risque et le niveau des provisions de l’institution, et établisse une méthode de surveillance de la conformité aux politiques internes.

Pour bien gérer le risque dans le contexte des provisions collectives, la direction doit notamment :

  • surveiller et gérer la qualité du portefeuille de risque;

  • veiller à ce que le portefeuille soit évalué de manière saine et prudente, que les créances irrécouvrables soient passées en charges et que les pertes escomptées ou probables soient adéquatement couvertes;

  • appliquer un jugement pertinent au plan du crédit pour tenir compte de l’imprécision des estimations d’évaluation;

  • maintenir des systèmes et des mesures de contrôle efficaces pour déceler, mesurer, surveiller et corriger de manière opportune les problèmes liés à la qualité de l’actif;

  • établir des politiques et des méthodes documentées pour la constitution des provisions collectives;

  • prévoir la divulgation de renseignements pertinents;

  • documenter ses techniques d’évaluation pour montrer que les méthodes quantitatives et les facteurs qualitatifs employés permettent de déterminer le niveau adéquat des provisions collectives.

F. Régime appliqué aux fonds propres

Les lignes directrices sur les normes de fonds propres des institutions de dépôts fédérales reposent sur les exigences établies dans l’Accord de Bâle II de juin 2006. Il était permis d’inclure des provisions collectives dans les éléments de fonds propres de catégorie 2A – dans les limites prescrites - sur la foi du principe voulant que ces « provisions » soient disponibles pour couvrir les pertes imprévues. Compte tenu de ce cadre, le BSIF est disposé à permettre que des provisions collectives pour risque de crédit soient intégrées aux fonds propres de catégorie 2A à condition de satisfaire aux normes suivantes :

  1. Les provisions collectives admissibles prises en compte dans les fonds propres de catégorie 2A sont limitées à 1,25 p. 100 des actifs pondérés en fonction du risque des institutions qui utilisent l’approche standard.

  2. Les institutions ont approuvé le recours à l’approche fondée sur les notations internes sont tenues de prévoir un écart de réserve excédentaire et déficitaire. L’écart de réserve excédentaire peut faire partie des fonds propres de catégorie 2A, jusqu’à concurrence de 0.6 p. 100 des actifs pondérés en fonction du risque avec l’approche NI ou du montant des provisions collectives. Pour plus de détails, se reporter à la section 2.2.2.2 de la ligne directrice A-1, Normes de fonds propres.

  3. Provisoirement, les institutions les banques ayant recours à une approche NI peuvent employer la méthode de la répartition proportionnelle pour partager les provisions collectives entre les portefeuilles assujettis à l’approche standard et les portefeuilles assujettis à l’approche NI. Pour plus de détails, se reporter à la section 2.2.2.3 de la ligne directrice A-1, Normes de fonds propres.

L’inclusion de provisions collectives dans les éléments de fonds propres requiert le consentement écrit préalable du BSIF. Ce consentement sera accordé à l’institution, à condition qu’elle dépose une auto-évaluation de ses méthodes par rapport aux critères établis à l’Annexe I et est reconnue comme se conformant à la présente ligne directrice. Ce consentement sera examiné périodiquement dans le cadre du processus de surveillance permanente du BSIF.

G. Processus d’évaluation mis en place par le BSIF

Le BSIF déterminera de deux façons si une institution se conforme à la présente ligne directrice en évaluant la politique de l’institution en matière de provisions collectives, de même que les méthodes et résultats qui s’y rattachent par rapport aux critères d’évaluation énoncés ci-après :

Évaluation de la politique d’établissement de provisions collectives et des méthodes qui s’y rattachent

Dans le cadre des méthodes de surveillance permanentes, les surveillants examineront la politique et les méthodes d’établissement des provisions collectives de chaque institution par rapport aux principes énoncés dans la présente ligne directrice pour s’assurer que chaque institution applique des critères pertinents pour mesurer le risque de crédit compte tenu de la complexité, de la taille et de la diversité des portefeuilles de risque de crédit.

L’annexe 1 énonce les critères que le BSIF utilisera pour évaluer la suffisance du processus lui permettant d’établir des provisions collectives. Ces critères sont conçus pour traiter des grands principes suivants :

  • la suffisance de la régie de société par rapport au processus d’établissement des provisions collectives;

  • la suffisance de la méthode d’établissement de l’estimation des pertes de crédit saisies par la provision collective, y compris l’intégrité des données utilisées dans l’estimation et l’essai et la vérification des résultats;

  • la pertinence de la méthode et son calibrage d’après les données historiques de l’institution à l’égard de ses pertes, la nature et la composition de son portefeuille actuel de risque de crédit, de même que le taux de croissance prévu du portefeuille;

  • l’intégrité des méthodes générales de mesure et d’évaluation du risque assumé par l’institution.

La conformité à la ligne directrice se traduit par une note « acceptable » pour la majorité des critères. Même si la majorité des critères sont jugés « acceptables », une note globale « non acceptable » peut être attribuée si une lacune à l’égard d’un critère particulier est réputée suffisamment grave pour ne plus justifier une note « acceptable ».

Comme il est indiqué à la section F ci-devant, une institution doit déposer une auto-évaluation de sa méthode par rapport aux critères de l’Annexe I, aux fins de l’inclusion de la provision collective dans les fonds propres. Néanmoins, le BSIF s’attend que les institutions tiendront à jour leur auto-évaluation de leurs méthodes internes. En principe, le processus d’évaluation mis en place par le BSIF peut englober un examen de l’auto-évaluation effectuée par l’institution.

Répercussions de l’évaluation

Les institutions qui appliquent une méthode de provisions collectives jugée « non acceptable » devront produire un plan d’action et un calendrier de conformité à la ligne directrice. Jusqu’à ce que l’institution obtienne la note « acceptable » ou mieux, elle pourrait être assujettie à une surveillance accrue au chapitre des méthodes de gestion des risques. L’autorisation à inclure les provisions collectives dans les fonds propres de catégorie 2A peut être réduite en deçà des niveaux énoncés à la section F de la présente ligne directrice, ou pourrait même être refusée.

H. Application

La présente ligne directrice s’applique à toutes les institutions de dépôts fédérales, notamment celles qui n’ont pas demandé l’application du régime des fonds propres à leurs provisions collectives. Il est toutefois admis qu’un certain nombre de sociétés de fiducie fédérales sont peu exposées au risque de crédit et ne sont donc pas tenues d’établir de provisions collectives.

Succursales de banques étrangères

Les succursales de banques étrangères ne sont pas des entités distinctes, mais plutôt des unités administratives de banques étrangères autorisées, souvent de grandes banques internationales. Compte tenu de ces caractéristiques uniques, le BSIF n’oblige pas les banques étrangères autorisées à maintenir des provisions collectives liées au risque de crédit dans les registres de leurs succursales canadiennes; toutefois, ces banques pourraient procéder de leur propre chef ou une succursale pourrait tenter d’obtenir une opinion de vérification en vertu des IFRS.

Les banques étrangères autorisées doivent toutefois être en mesure de prouver qu’elles gèrent efficacement le risque, notamment qu’elles appliquent :

  1. un système d’examen des risques et des politiques de contrôle conformes au cadre actuel du BSIF portant sur les provisions collectives pour risque de crédit;
  2. des méthodes suffisantes de détermination des pertes latentes supposées dans le portefeuille de risque de la succursale, mais qui n’ont pas encore été attribuées à des actifs à risque individuels.

La démarche de surveillance du BSIF à l’égard des succursales de banques étrangères repose en grande partie sur la communication périodique avec l’organisme de surveillance du pays d’attache et avec le siège social de la banque étrangère, de même que sur l’évaluation de ces intervenants. Dans le cadre de ce processus, le BSIF devra être convaincu, non seulement à la date d’examen de la demande d’établissement d’une succursale de banque étrangère, mais également de façon permanente après cette date, que les provisions collectives pour risque de crédit des succursales canadiennes sont conservées sur une base consolidée et que la méthodologie d’appui des provisions générales offre de façon opportune une mesure raisonnable et prudente, conformément aux politiques et méthodes pertinentes. Le BSIF s’attendra à ce que la banque du pays d’attache prouve et lui divulgue la proportion de ses provisions collectives qu’elle affecte à la succursale canadienne. En outre, les banques étrangères autorisées devront conserver, à l’échelle locale, des preuves suffisantes à l’appui de leur évaluation et de la gestion du risque lié aux activités exercées au Canada.

Le BSIF se permet d’exiger l’établissement de provisions collectives pour les risques dans les registres de la succursale canadienne lorsque recommandation lui est faite dans le cadre du processus de surveillance dans le but de corriger des préoccupations ou problèmes précis. Les provisions collectives, notamment celles qui sont établies sur une base volontaire, doivent être déclarées comme élément distinct d’une partie des comptes « à des institutions de dépôts liées ».

I. Mise en œuvre

Le BSIF commencera à évaluer la conformité des institutions à la présente ligne directrice à compter du cycle d’inspection de 2012 pour les EF qui adopteront les IFRS le 1er janvier 2011, et à compter du cycle d’inspection de 2013 pour celles qui appliqueront les IFRS à partir du 1er novembre 2011. Des évaluations seront effectuées au fil des ans, dans le cadre du processus de surveillance normal.

Annexe 1 – Critères et lignes directrices aux fins de l’évaluation de la méthode d’établissement des provisions collectives

Régie de société

Critères Lignes directrices d’évaluation
1. Supervision du conseil d'administration Preuve que le conseil d'administration :
  • a veillé à ce que des méthodes convenable d’évaluation du risque de crédit et des mécanismes de contrôle interne soient en place pour déterminer en permanence la dépréciation;
  • a déterminé la tolérance de l’institution à l’égard du risque de crédit;
  • examine périodiquement et de façon opportune l’information pertinente au sujet de la qualité du crédit des portefeuilles de l’institution;
  • examine périodiquement les rapports sur la qualité du portefeuille et prend les mesures qui s’imposent;
  • examine et approuve le solde de la provision à l’égard des prêts douteux;
  • approuve les écarts importants entre les politiques établies documentées et la pratique.
2. Une politique de provisions collectives approuvée La politique doit comprendre :
  • des procédures applicables aux systèmes et contrôles relatifs au risque de crédit compris dans la méthode, notamment les rôles et responsabilités du conseil d’administration et de la haute direction de l’institution;
  • une définition explicite des provisions collectives;
  • les notions qui sous-tendent la provision collective, notamment le mode de fonctionnement prévu de la provision;
  • un processus d’examen bien défini, indépendant de la fonction de prêt;
  • une description précise du processus et des critères utilisés pour déterminer l’importance relative des changements apportées à la méthodologie et au niveau de la provision collective;
  • son examen et son approbation périodiques par le conseil d’administration.
3. Examens périodiques et indépendants des méthodes de gestion du risque de crédit et de la méthode d’établissement de la provision collective Parmi les éléments à examiner, mentionnons :
  • la pertinence des méthodes d’évaluation du risque de crédit en ce qui touche la provision collective, compte tenu de la nature, de la portée et de la complexité des activités de l’institution;
  • la vraisemblance, l’exactitude et l’exhaustivité des données et paramètres intégrés aux méthodes d’évaluation;
  • la vraisemblance de la méthode d’établissement de la provision collective;
  • la vraisemblance du résultat des données;
  • la suffisance des simulations de crise;
  • la suffisance des documents d’appui.

Les constatations sont documentées.

Les instruments financiers à leur coût amorti auxquels des catégories de risque de crédit sont attribuées font l’objet d’un examen périodique officiel pour veiller de façon raisonnable que ces catégories sont précises et à jour.

Les lacunes sont déterminées et corrigées sans délai.

Conception et fonctionnement (intrants/méthodologie/extrants)

Critères Lignes directrices d’évaluation
1. L’exhaustivité et l’intégrité des données et des paramètres qui sous-tendent la méthode d’établissement des provisions collectives peuvent être appuyées et vérifiées de façon empirique.

L’institution tient compte de toutes les données pertinentes et accessibles dans sa méthodologie et dans l’estimation des principaux paramètres et facteurs. Les banques peuvent compter sur des sources d’information principales et en utiliser d’autres à titre de points de comparaison ou de rajustement éventuel.

Un vaste processus est utilisé pour scruter les données, notamment effectuer une évaluation de l’exactitude, de l’exhaustivité et de la pertinence des données. Si la méthodologie repose sur des données historiques, ces dernières doivent porter sur un cycle d’affaires complet.

Lorsque des données externes sont utilisées aux fins de la méthode d’établissement des provisions collectives, la mesure dans laquelle les données sont liées raisonnablement aux antécédents de la banque et le caractère pertinent du rajustement des données.

Uniformité chronologique des données appuyant la méthode d’établissement des provisions collectives et la nature, le niveau et le caractère pertinent des rajustements conçus pour compenser les lacunes des données.

2. Prise en compte et règlement des problèmes liés aux données structurelles (par exemple, l’effet de retard des mesures historiques, les matrices de transition instables et l’application de nouveaux produits ou l’inclusion de nouveaux marchés).

Documentation des problèmes liés aux données, y compris une analyse ou une évaluation de l’incidence de l’exactitude ou de l’intégrité de l’estimation de la provision générale.

Documentation des données exceptionnellement exclues des résultats des calculs, et examen de ces exclusions dans la validation des provisions collectives.

Utilisation prudente du jugement expert sur le crédit lorsque l’on doute de l’équivalence par rapport aux ensembles de données ou lorsque l’incertitude au sujet des estimations est élevée.

Plans, le cas échéant, visant à corriger les problèmes détectés au sujet des données.

3. La méthodologie utilisée pour calculer la provision collective est saine au plan conceptuel. Notamment les facteurs suivants :
  • la méthodologie permet de différencier de façon importante le risque dans le contexte du portefeuille et des antécédents de l’institution;
  • il existe une définition explicite de « manquement » et de « perte »;
  • la méthodologie se fonde sur la meilleure estimation de la direction au sujet des pertes du portefeuille actuel et elle tient compte du profil d’échéance du portefeuille.
Le montant global des provisions individuelles et collectives évaluées d’une institution doit être suffisant pour absorber les pertes sur créances estimatives à l’intérieur du portefeuille.
4. L’exposition au crédit dans l’ensemble des groupes d’instruments financiers à leur coût amorti est saisie dans le calcul de la provision collective. Une institution doit être en mesure de prouver qu’un élément pertinent de la provision collective correspond à chaque instrument financier net à son coût amorti.
5. La méthodologie prévoit que l’évolution des risques se traduira par une évolution pertinente de la provision collective.

Pour tenir compte de la sensibilité au risque, la méthode d’établissement de la provision collective utilisera des données et des paramètres favorables à la différenciation du risque; par exemple, la segmentation selon le secteur d’activité, le mode de distribution, les catégories de notes.

Entre autres, les changements suivants au chapitre de la stratégie ou de l’approche de l’institution devraient se traduire par une augmentation de l’estimation de la provision collective :

  • relâchement des normes de souscription;
  • augmentation des ventes de produits à plus grand risque ou de produits comportant des sûretés moins élevées ou faisant l’objet d’une atténuation moins vigoureuse des risques;
  • nouvelles méthodes de distribution ou distribution accrue au moyen de circuits qui engendrent des pertes plus élevées.
L’évolution de la provision collective d’une période à l’autre est conforme à l’évolution du risque de portefeuille.
6. La méthodologie prévoit la mise à jour fréquente et pertinente de la provision collective.

La provision collective est calculée au moins une fois par trimestre.

Il convient d’établir un processus de contrôle du changement pour faire en sorte que :

  • la provision collective soit calculée uniformément d’une période à l’autre;
  • la méthode ne soit pas modifiée, sauf pour produire une estimation mieux liée au risque;
  • les effets des changements sur la méthodologie soient dûment divulgués.
Les méthodes utilisées par l’institution pour établir la dépréciation doivent être prudentes et tenir compte de critères telles les prédictions de flux de trésorerie fondées sur les évaluations actuelles de la conjoncture économique.
7. L’institution compare périodiquement les hypothèses et paramètres utilisés pour établir la provision collective par rapport aux données antérieures. Les essais et la vérification englobent ce qui suit :
  • une comparaison des pertes réelles et prévues pour les principales catégories d’instruments financiers à leur coût amorti;
  • la détermination que la segmentation et les facteurs de risque utilisés au chapitre de la gestion des risques, plus particulièrement le calcul des provisions collectives, sont appuyés par des données antérieures;
  • une comparaison par rapport à un cycle économique;
  • l’analyse des données récentes tenant compte de la situation économique récente;
  • un examen uniforme selon le portefeuille et la date. Lorsque de nouvelles méthodes sont appliquées, leur justification doit être documentée et les résultats de la nouvelle et de l’ancienne méthodologie doivent être établis sur plusieurs années.
Des rajustements sont apportés aux méthodes de gestion des risques et au calcul des provisions collectives, comme l’indique l’examen des données antérieures.
8. Simulations de crise et tests périodiques de sensibilité de l’estimation des provisions collectives.

Des simulations de crise et des tests de sensibilité correspondant aux méthodes de l’institution sont effectués à intervalles réguliers.

Les simulations de crise et les tests de sensibilité englobent :

  • des situations normales et extrêmes;
  • des horizons chronologiques immédiats et à plus long terme.

Les résultats des simulations de crise et des tests de sensibilité sont convenablement documentés et déclarés à la haute direction, et les mesures qui s’imposent sont prises si les résultats dépassent les niveaux de tolérance convenus.

Il existe des politiques qui exigent l’application de mesures de redressement en cas de dépassement des niveaux de tolérance.

9. Variabilité L’on tient compte de l’incertitude rattachée à l’estimation de la provision collective.

Mesure et évaluation du risque

Critères Lignes directrices d’évaluation
1. La méthode d’établissement des provisions collectives doit être bien établie dans le processus de différenciation significative du risque préconisé par l’institution.

Les paramètres utilisés pour évaluer la provision collective prévoient une différenciation significative du risque.

Il existe des éléments de preuve selon lesquels la direction veille en permanence à ce que le système de notation des risques fonctionne bien.

La mesure dans laquelle l’institution possède des antécédents crédibles au sujet de l’utilisation et de l’application de renseignements sur les notes internes. Le BSIF fondera son évaluation sur les résultats des vérifications interne et externe, sur l’examen de la gestion des risques et sur les résultats de son programme de surveillance.

2. L’analyse du risque de crédit doit permettre de déterminer de façon adéquate les lacunes du portefeuille, notamment la concentration du risque. Preuve des éléments suivants :
  • segmentation pertinente du portefeuille fondée sur les caractéristiques de risque sous-jacentes;
  • analyse/groupement du portefeuille;
  • détermination, surveillance et gestion des vastes expositions et concentrations de risque.
Prise en compte, à l’intérieur de l’estimation de la provision collective, de l’incidence de la concentration et de l’interdépendance des emprunteurs.
3. Processus pertinent de contrôle du changement Des processus de contrôle du changement qui précisent la procédure à suivre :
  • avant de modifier la méthode d’établissement des provisions générales;
  • à la suite de l’examen par rapport aux données historiques;
  • à mesure que de nouveaux produits sont vendus, que des méthodes de souscription ou de distribution sont adoptées, ou que surviennent d’autres changements susceptibles d’influer sur le profil de risque de l’institution.

Les changements apportés à la méthodologie (y compris les sources de données) sont convenablement documentés.

Les cotes de risque de crédit sont examinées et mises à jour à la réception de nouveaux renseignements pertinents.

4. Les processus d’évaluation des risques utilisés pour produire une estimation de la provision collective doivent être intégrés aux autres processus de mesure et de gestion du risque de crédit utilisés par l’institution. Les données et les hypothèses utilisées dans le cadre des provisions collectives doivent être conformes à celles appliquées aux processus suivants :
  • l’analyse de rentabilité du client ou du portefeuille;
  • le rendement des fonds propres corrigés des risques.
La même information est utilisée par la haute direction pour suivre la progression du portefeuille et, dans les méthodes de l’institution, pour déterminer les provisions aux fins de l’évaluation du risque de crédit, de la comptabilité et de la suffisance des fonds propres.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Il convient de noter que la présente mise à jour de la ligne directrice C-5 ne modifie pas la politique du BSIF, mais a pour but de mieux tenir compte des pratiques comptables relatives aux expositions hors bilan et aux instruments financiers à leur juste valeur.

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