Vivre jusqu’à 100 ans… le Régime de pensions du Canada sera-t-il viable?

CommunicationNote de bas de page 1 de l’actuaire en chef, Jean-Claude Ménard
Bureau de l’actuaire en chef
Bureau du surintendant des institutions financières Canada à l ‘Assemblée annuelle de la SOA

Orlando, FL, États-Unis
Le 27 octobre 2014

Bonjour. Merci de m’avoir invité à vous parler aujourd’hui. Je me présente, Jean-Claude Ménard, actuaire en chef du Régime de pensions du Canada, du programme de la Sécurité de la vieillesse et des régimes de retraite du secteur public fédéral du Canada.

Sommaire (diapositive 2)

Aujourd’hui, je vais d’abord parler de la situation financière du RPC, et puis discuter des tendances de la mortalité canadienne au cours du dernier siècle, et à quel point ces tendances auront un impact sur les futurs taux de mortalité de la population canadienne.

Je ferai ensuite une comparaison des projections du Canada avec d’autres pays, et présenterai différents résultats dans le but de mettre en perspective l’incertitude rattachée à nos projections. Après, je vais essayer de répondre à la question: “Peut-on vivre plus de 100 ans?” Finalement, je discuterai des différences entre les taux de mortalité des bénéficiaires de régimes de retraite établis par un employeur au Canada et ceux de la population générale.

But du 26e rapport actuariel du RPC au 31 décembre 2012 (diapositive 3)

La loi requiert que le Bureau de l’actuaire en chef produise un rapport actuariel sur le RPC à tous les trois ans. Le 26e rapport actuariel sur le RPC a été déposé au Parlement par le ministre des Finances en décembre 2013.

Le but du rapport est de renseigner les cotisants et les bénéficiaires sur la situation financière actuelle et projetée du RPC et de calculer le taux minimal de cotisation qui stabilise le ratio des actifs aux dépenses au fil du temps. Dans ce rapport actuariel, le taux minimal de cotisation est établit à 9,84 % à compter de 2016. Ce taux est plus bas que le taux de cotisation de 9,9 % prévu par la loi

Le taux de cotisation de 9,9 % prévu par la loi est suffisant pour provisionner le Régime pendant 75 ans (diapositive 4)

Le rapport indique qu’en appliquant le taux de cotisation de 9,9 % prévu par la loi, les cotisations projetées seront plus que suffisantes pour couvrir les dépenses de la période de 2013 à 2022. A partir de 2023, une partie des revenus de placement devra être utilisée pour combler l’écart entre les cotisations et les dépenses. En 2030, 22% des revenus de placement seront nécessaires pour payer les dépenses.

Les résultats énoncés dans le présent rapport confirment que le taux de cotisation de 9,9 % prévu par la loi est suffisant pour assurer la viabilité financière du RPC et que l’actif s’élèvera à 300 milliards de dollars en 2020.

Qu’en est-il de vivre jusqu’à 100 ans et du RPC? (diapositive 5)

Les hypothèses de la mortalité basées sur la meilleure estimation du 26e rapport actuariel du RPC produisent l’espérance de vie à la naissance de 86 ans pour les hommes et 89 ans pour les femmes en 2013. En même temps, le rapport indique qu’une considérable incertitude existe à l’égard des taux futurs d’amélioration de mortalité.

Notamment, si l’amélioration de l’espérance de vie observée récemment, en particulier chez les 75 à 89 ans, se poursuit au rythme actuel, les hypothèses à long terme devront être ajustées en conséquence.

Espérance de vie à la naissance (par année civile) (diapositive 6)

Cette diapositive présente l’espérance de vie à la naissance sur base d’année civile. Les espérances de vie sur base d’année civile, qui sont le résultat de calculs basés sur les taux de mortalité d’une année donnée, sont généralement déterminées par des agences statistiques à travers le monde.

Depuis 1901, l’espérance de vie à la naissance au Canada a augmenté d’environ 33 ans, avec les plus importantes augmentations enregistrées avant 1950. Les augmentations futures de l’espérance de vie sont présumées se produire aux âges plus avancés comparativement aux âges plus jeunes, ce qui veut dire que l’impact sur l’espérance de vie à la naissance sera limité.

La contribution à l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance a progressivement évolué vers les plus de 65 ans (diapositive 7)

Ce tableau montre un ralentissement du taux d’augmentation de l’espérance de vie à la naissance entre le début et la fin du XXe siècle. Pendant les 20 années entre 1989 et 2009, 59 % de l’augmentation de l’espérance de vie pour les hommes est venue d’améliorations à la mortalité pour les âges de 65 ans et plus. Pour les femmes, la proportion est 67 % pour la même période. On s’attend à ce que cette tendance continue dans le futur.

Les améliorations de la mortalité liée aux maladies du coeur ont été considérables au cours des 15 dernières années (diapositive 8)

Les augmentations significatives de l’espérance de vie à l’âge 65 qui ont été observées au cours des dernières décennies peuvent être expliquées en grande partie par l’amélioration de la mortalité causée par les maladies du coeur. Ces taux de mortalité ont connu une amélioration moyenne de 5% par année pour les âges de 65 ans et plus pour les hommes et 4% par année pour les femmes. Dans le futur, on peut espérer s’attendre à ce que les réductions de la mortalité causée par les tumeurs malignes deviennent un facteur important.

Espérance de vie à 65 ans (par année civile) (diapositive 9)

Depuis le début des années 1970, l’espérance de vie à 65 ans des hommes et des femmes a augmenté d’environ 5 ans, à 19 ans et 22 ans, respectivement. Cela représente un rythme de plus d’un an d’augmentation par décennie. L’écart entre les espérances de vie à l’âge 65 des hommes et des femmes a également rétréci, et encore plus récemment.

Carte thermique des taux d’amélioration de la mortalité historiques et projetés des hommes (diapositive 10)

On ne fait pas d’hypothèses sur l’espérance de vie future; on fait des hypothèses sur les tendances futures de taux de mortalité par âge et par sexe. La carte thermique est un outil utile pour analyser les tendances des taux d’amélioration de la mortalité.

Cette diapositive présente la carte thermique des taux historiques des hommes canadiens, de même que nos projections. Il est possible de voir que vers la fin des années 60 et au début des années 70, les taux de mortalité chez les jeunes hommes a significativement augmenté (tache violette). Nous pensons que ce phénomène s’explique par une augmentation des décès accidentels causés par une conduite automobile non-sécuritaire. Une autre détérioration de la mortalité a pu être observée au milieu des années 90 pour les hommes âgés entre la fin vingtaine et le début de la quarantaine, et s’explique par le SIDA.

Un effet cohorte positif est observable pour les hommes nés dans les années 1930 et 1940. Nous assumons dans nos projections que cet effet cohorte continuera pour un certain temps puis disparaîtra progressivement. En général, la mortalité est présumée continuer de s’améliorer, mais à un rythme plus lent que celui qui a été observé au cours des dernières décennies.

Carte thermique des taux d’amélioration de la mortalité historiques et projetés des femmes (diapositive 11)

Il ne semble pas y avoir d’effet cohorte historique qui soit perceptible pour les femmes canadiennes. Un effet d’année civile significatif est discernable pour les femmes âgées de moins de 45 ans dans les années 1950 et au début des années 1960, avec des taux d’amélioration de la mortalité qui approchaient les 5 % par année. Il appert que cet effet soit relié à la réduction de la mortalité causée par l’accouchement.

Les taux d’amélioration historiques récents, de même que ceux projetés sont plus modérés. On suppose que l’écart entre les taux de mortalité des hommes et des femmes continuera de rétrécir. Nous pensons également que les taux de mortalité des hommes continueront d’être plus élevés que ceux des femmes, ce qui implique que les femmes continueront à vivre plus longtemps que les hommes.

Les taux de mortalité entre 15 et 54 ans sont beaucoup plus bas au Canada qu’aux États-Unis (diapositive 12)

Les prochaines diapositives examineront l’évolution des taux de mortalité par groupes d’âge pour le Canada et les États-Unis, en mettant davantage l’accent sur le Canada. Les chiffres des États-Unis sont basés sur le 2012 Old Age, Survivors and Disability Insurance Program (OASDI) Trustees Report.

Pour le groupe d’âge 15 à 54 ans, au cours des 40 dernières années, la diminution des taux de mortalité se chiffrait à 57 %. C’est légèrement supérieur à la réduction de 50 % au cours des 40 années précédentes. Toutefois, il est bon de noter que les taux de mortalité diminuent maintenant à un rythme plus lent: le taux a diminué de 28 % au cours des 20 dernières années comparativement à 40 % au cours des 20 années précédentes.

Une réduction supplémentaire de 38 % est présumée au cours des 40 prochaines années.

La mortalité actuelle pour ce groupe d’âge est 40 % plus faible que celle des États-Unis, notamment en raison d’une mortalité plus faible causée par les accidents, les maladies du cœur et les homicides.

Les taux de mortalité des groupes plus âgés ont diminué au cours des 80 dernières années, et plus encore au cours des 40 dernières (diapositive 13)

Pour le groupe d’âge de 55 à 64 ans, la diminution récente de 57 % au cours des 40 dernières années fut beaucoup plus dramatique que celle de 26 % au cours des 40 années précédentes. De plus, les taux de mortalité des hommes pour ce groupe d’âge ont diminué beaucoup plus rapidement au cours des deux dernières décennies que pendant les décennies précédentes. Une réduction additionnelle de 33 % est projetée.

La mortalité actuelle de ce groupe d’âge est 27 % inférieure à celle des États-Unis, en majeure partie explicable par une mortalité plus faible causée par les maladies du coeur, les accidents et le diabète.

Pour chaque tranche de 1 000 personnes âgées entre 65 et 74 ans, 7 meurent du cancer, et 3 de maladies du coeur (diapositive 14)

Le groupe d’âge 65 à 74 ans a connu une tendance et une ampleur de réduction de mortalité similaires à celles du groupe d’âge 55 à 64. Une diminution additionnelle de 40 % est projetée. Une fois de plus, les taux de mortalité des hommes dans ce groupe d’âge ont diminué à un rythme plus rapide dans les deux dernières décennies qu’au cours des décennies précédentes.

Pour ce groupe d’âge, les tumeurs malignes sont responsables de la majorité des décès. La mortalité actuelle est 21 % inférieure à celle des États-Unis, en raison d’une mortalité plus faible causée par les maladies du coeur, les maladies des voies respiratoires inférieures et le diabète.

Chez les 75 à 84 ans, les taux de mortalité des hommes canadiens sont projetés devenir inférieurs à ceux des femmes américaines (diapositive 15)

Pour le groupe d’âge 75 à 84 ans, la réduction des taux de mortalité se chiffrait à 43 % au cours des 40 dernières années comparativement à seulement 31 % au cours des 40 années précédentes. Une réduction additionnelle de 37 % est projetée. La mortalité actuelle est 17 % inférieure à celle des États-Unis en raison d’une mortalité plus faible causée par les maladies du coeur et les maladies des voies respiratoires inférieures.

Les taux de mortalité des aînés ont diminué au cours des 80 dernières années, et plus encore pendant la dernière décennie (diapositive 16)

Les taux de mortalité du Canada et des États-Unis pour le groupe d’âge 85 à 89 ans étaient relativement similaires avant 1999. Toutefois, depuis ce temps, les taux canadiens ont diminué plus rapidement que ceux des États-Unis. La réduction au cours de cette décennie a été de 21 %. La mortalité canadienne est 15 % inférieure à celle des États-Unis en majeure partie à cause d’une mortalité plus faible causée par les maladies du coeur et la maladie d’Alzheimer. Une réduction additionnelle de 30 % est projetée d’ici 2049.

À partir de 90 ans, les maladies du coeur restent la principale cause de décès (diapositive 17)

Les taux de mortalité du groupe d’âge des 90 ans et plus ont diminué à un rythme plus lent que ceux des autres groupes d’âge. Une réduction de 26 % a été observée au cours des 40 dernières années, comparativement à une réduction de 14 % au cours des 40 années précédentes.

Pour ce groupe d’âge, les projections deviennent très incertaines, même à court et moyen terme. En date de 2009, la mortalité canadienne pour ce groupe d’âge était 15 % inférieure à celle des États-Unis, en raison d’une mortalité plus faible des maladies du coeur et de la maladie d’Alzheimer.

Présentement, les aînés canadiens vivent plus longtemps que ceux du Royaume-Uni et des États-Unis (diapositive 18)

Comme on a pu constater sur les diapositives précédentes, les taux canadiens actuels de mortalité sont plus bas que ceux des États-Unis. Pour les âges plus élevés, cette différence est projetée s’accroître davantage. En comparaison, bien que les taux canadiens actuels de mortalité pour les âges de 65 ans et plus soient plus bas que ceux du Royaume-Uni, on projette que la situation s’inversera d’ici 2049. C’est le résultat des taux ultimes d’amélioration de la mortalité plus élevés qui sont utilisés au Royaume-Uni.

La probabilité de mourir prématurément a diminué de façon spectaculaire (diapositive 19)

Il est également intéressant d’analyser l’évolution de la tranche d’âge dans laquelle la plupart des décès surviennent. Ce graphique indique l’évolution en fonction du temps de la tranche d’âges dans laquelle 70 % des décès devraient se produire, après exclusion de 15 % des décès survenus chez les plus âgés et de 15 % des décès survenus chez les plus jeunes. Ce graphique permet de constater l’importance des gains de l’espérance de vie.

Selon les tables de mortalité de 1925, près de 70 % des hommes étaient censés décéder entre les âges de 12 ans et de 83 ans, c’est-à-dire que 15 % des hommes étaient censés mourir prématurément avant l’âge de 12 ans et 15 % à plus de 83 ans. En 2013, la tranche d’âges dans laquelle 70 % des décès surviennent est prévue s’être à la fois déplacée vers le haut et rétrécie, pour se situer entre 68 et 92 ans. Chez les femmes, on constate un déplacement et un rétrécissement semblables de cette tranche d’âges. Ici encore, cette tendance devrait se maintenir quoiqu’à un rythme plus lent qu’auparavant.

Augmentation de l’espérance de vie à 65 ans (diapositive 20)

Une espérance de vie par cohorte diffère de l’espérance de vie sur base d’année civile présentée au début de la présentation. En effet, elle inclut des améliorations futures aux taux de mortalité d’année civile. L’espérance de vie canadienne à 65 ans augmentera de trois années pour atteindre 25 ans d’ici les 50 prochaines années, ce qui indique que la moitié des retraités canadiens dépasseront l’âge de 90 ans.

Cela résultera en une augmentation des coûts pour les régimes de retraite, puisqu’on s’attend à ce que les bénéficiaires reçoivent leur pension pour une plus longue période.

Incertitude des résultats: Espérances de vie à 65 ans si les taux d’amélioration par cause sont maintenus constants (diapositive 21)

Les projections de la mortalité sont très incertaines. C’est pourquoi, il est utile de considérer des scénarios de projections alternatifs. Ce graphique présente les espérances de vie à 65 ans où les taux d’amélioration de la mortalité annuels des 15 dernières années par cause sont assumés constants sur toute la période de projection.

En raison des récents taux d’amélioration plus élevés des hommes, ce scénario mène à un rétrécissement de l’écart entre l’espérance de vie à 65 ans des hommes et des femmes, au point où l’espérance de vie des hommes dépasse celle des femmes à partir de 2026. En 2075, l’espérance de vie des hommes dépasserait celle des femmes par plus de 5 ans.
Ce scénario sert de rappel que baser ses choix d’hypothèses seulement sur des tendances récentes peut mener à des résultats inattendus.

Incertitude des résultats: Espérances de vie à 65 ans si les maladies du coeur et le cancer sont graduellement éliminés sur 75 ans (diapositive 22)

Nous considérons maintenant un scénario où la mortalité causée par les maladies du coeur et par les tumeurs malignes est graduellement éliminée sur 75 ans. Ce scénario résulte en des espérances de vie à 65 ans sur base cohorte qui surpasseraient éventuellement celles projetées dans le 26ème rapport actuariel du RPC, à partir de 2017 pour les femmes et 2024 pour les hommes. D’ici 2075, sous ce scénario, les espérances de vie à 65 ans sur base cohorte dépasseront les espérances de vie du 26e rapport du RPC par 3 ans pour les hommes et 4 ans pour les femmes.

On s’attend à ce que les Canadiens actuels vivent jusqu’à 90 ans avec une probabilité de plus que 40 % (diapositive 23)

Cette diapositive présente les probabilités de survivre jusqu’à 90 ans à partir d’un âge en 2012 pour le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni. Il est intéressant d’observer la forme des courbes. La probabilité est plus élevée pour les plus jeunes âges en raison des diminutions projetées des taux de mortalité. D’un autre côté, pour les groupes d’âges plus vieux, les probabilités d’atteindre 90 ans augmentent puisque seules les personnes qui ont atteint ces âges sont considérées.

Pour les trois pays et pour tous les âges, les chances de survivre jusqu’à l’âge de 90 ans sont assez élevées. Dû à la prévision plus élevée de l’amélioration des taux de mortalité, ces probabilités sont supérieures au Royaume-Uni pour les âges inférieurs à 70.

Cependant, les canadiens font meilleure figure pour les âges plus élevés, dû aux taux actuels inférieurs de mortalité.

Peut-on vivre jusqu’à 100 ans? Probabilité de vivre jusqu’à 100 ans pour le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni (diapositive 24)

Comme on dit, il est très probable qu’on puisse vivre jusqu’à l’âge de 90 ans. Mais peut-on vivre jusqu’à 100 ans? Cette diapositive est semblable à la précédente, sauf qu’elle regarde la survie jusqu’à l’âge de 100 ans.

Pour le Canada et les États-Unis, ces probabilités sont en-dessous de 10% pour la plupart des âges. Le Royaume-Uni a les probabilités les plus élevées d’atteindre 100 ans parmi les trois pays pour tous les âges entre 0 et 85, en raison de taux futurs d’amélioration de la mortalité plus élevés.

Courbes de survie pour une espérance de vie de 100 ans (hommes) (diapositive 25)

Que doit-il arriver aux taux de mortalité pour que les Canadiens aient une espérance de vie à la naissance de 100 ans ?

Nous sommes arrivés à deux alternatives. Ce graphique présente une comparaison entre la courbe de survie actuelle et les courbes de survie des deux scénarios alternatifs. Le premier scénario réduit les taux de mortalité actuels de 87 % à chaque âge (courbe de survie bleue en pointillé). La seconde alternative est d’augmenter la durée de vie maximale à 140 ans (courbe de survie rouge), et de redistribuer les taux de mortalité actuels entre les âges de 0 et 140.

Une autre possibilité est de supposer que personne ne meurt avant l’âge de 97 ans et ensuite, de mettre en place les taux actuels de mortalité pour les âges de 97 ans et plus.

Si les taux de mortalité diminuent au même rythme que celui observé au cours des 15 dernières années, une espérance de vie de 100 ans pourrait être atteinte d’ici 2094 pour les hommes, et d’ici 2121 pour les femmes. Si aujourd’hui on veut vivre jusqu’à 100 ans, il faut soit diminuer les taux de mortalité actuels de façon dramatique, ou augmenter la durée de vie maximale. Selon nous, ces deux options ne sont pas réalistes.

Les taux de mortalité calculés pour les régimes de retraite sont différents de ceux pour la population générale (diapositive 26)

Les taux de mortalité pour un sous-groupe de la population, par exemple les participants à un régime de retraite, sont affectés par les caractéristiques communes de leurs membres: type d’emploi, niveau de rémunération, éducation, etc.

Les régimes de retraite de grande taille au Canada qui ont un nombre de membres suffisant pour effectuer des études de mortalité, utilisent leurs propres tables de mortalité pour les évaluations actuarielles. Par contre, les régimes de petite et moyenne taille utilisent généralement des tables recommandées par l’Institut canadien des actuaires.

En Février 2014, l’Institut canadien des actuaires a publié une table de mortalité avec une échelle de projection. Cette table est basée sur l’expérience canadienne et est utilisée par les régimes de retraite canadiens enregistrés. L’analyse a été faite séparément pour les régimes de retraite des secteurs privé et public. Auparavant, la table la plus communément utilisée était l’Uninsured Pensioner Mortality de 1994 (UP94) avec une échelle de projection AA basée sur l’expérience américaine.

Les régimes de retraite du secteur public fédéral ont un grand nombre de membres. De ce fait, le point de départ des projections de mortalité pour ces régimes est basé sur les taux de mortalité du chaque régime. D’un autre côté, il est assumé que les taux de mortalité pour les membres des régimes de retraite du secteur public fédéral vont s’améliorer au même rythme que ceux de la population générale du Canada.

La table Mortalité des retraités canadiens (CPM2014) suppose une espérance de vie beaucoup plus élevée que l’Uninsured Pensioner Mortality (UP94) (diapositive 27)

Les deux prochaines diapositives montrent l’espérance de vie projetée à l’âge de 65 ans pour le régime de pensions du Canada, les régimes de retraite publics, l’UP94 et la CPM 2014. Les barres pleines correspondent à l’espérance de vie d’une année civile (i.e. basée sur les taux de mortalité de 2014), et la partie ombragée montre l’augmentation causée par les améliorations futures de la mortalité.

Si on compare le RPC et les régimes de retraite du secteur public fédéral, les taux de mortalité de 2014 sont plus bas pour ces régimes que pour le RPC. La seule exception a trait aux non-officiers des forces canadiennes. La différence dans la projection de l’amélioration de la mortalité est due au fait que les chiffres des régimes de retraite du secteur public fédéral sont basés sur leurs rapports actuariels statutaires les plus récents et utilisent l’hypothèse de l’amélioration de la mortalité du 25e rapport actuariel du RPC.

Si le RPC est comparé à la CPM2014, il n’est pas surprenant que les taux de mortalité de la population générale du Canada soient plus élevés que ceux des membres de régimes de retraite enregistrés. Cependant, le rythme futur d’amélioration de la mortalité est semblable.

La table CPM2014 suppose une espérance de vie beaucoup plus élevée que l’UP94 (diapositive 28)

La table pour les femmes est semblable à celle des hommes sauf qu’on s’attend à de plus faibles améliorations futures des taux de mortalité chez les femmes.

Conclusions (diapositive 29)

Pour conclure, la retraite est chose coûteuse, et elle le deviendra encore plus à l’avenir sous l’effet de l’amélioration de la longévité. La projection des taux de mortalité est un exercice difficile, puisque les taux de mortalité sont hautement incertains, particulièrement pour les 90 ans et plus.

L’actuaire a pour devoir professionnel d’examiner toute l’information disponible pour établir les meilleures hypothèses possibles sur les taux futurs de mortalité.

Je vous remercie de votre attention. Il me fera maintenant plaisir de répondre à vos questions.

Note de bas de page

Note de bas de page 1

La présente communication s’accompagne de diapositives qui se trouvent à l’adresse suivante : http://www.osfi-bsif.gc.ca/Fra/oca-bac/sp-ds/Pages/jcm20141027_slides.aspx

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