Mot de bienvenue le surintendant Peter Routledge Comité sénatorial permanent des banques, du commerce et de l’économie 6 décembre 2023

Discours -

Bonjour, madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité.

Nous nous réunissons aujourd’hui sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anichinabé qui habite ce territoire et en prend soin depuis des millénaires.

Je suis accompagné ce matin par mon collègue Stéphane Tardif, directeur général du Carrefour du risque climatique du BSIF.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a indiqué, plus tôt cette annéeTiré du rapport suivant (en anglais) : https://www.ipcc.ch/report/ar6/syr/downloads/report/IPCC_AR6_SYR_SPM.pdf, avec une grande confiance, qu’il s’attend à ce que le réchauffement moyen atteigne 1,5 degré Celsius à court terme, chaque augmentation intensifiant des risques physiques multiples et concomitants. Pour ralentir et arrêter le réchauffement planétaire, les économies devront abandonner les sources d’énergie émettrices de gaz à effet de serre (GES), une tâche qui présente en soi des risques de transition importants pour les économies, y compris et surtout celle du Canada.

Ainsi, la réponse aux menaces que posent les changements climatiques reste l’un des immenses défis que la présente génération de décideurs canadiens devra relever.

Avant d’expliquer ce que nous avons réalisé au BSIF en matière de gestion des risques climatiques depuis que je suis entré en fonction à titre de surintendant, j’aimerais évoquer le mandat du BSIF et son lien avec les risques associés aux changements climatiques.

Le BSIF a pour mandat explicite de renforcer la confiance du public envers le système financier canadien. Pour respecter ce mandat, nous devons notamment veiller à ce que les institutions financières canadiennes que nous réglementons gèrent adéquatement les risques susceptibles d’avoir une incidence sur leur sûreté et leur solidité. Ces risques comprennent les risques physiques et les risques de transition associés aux changements climatiques. Même si le BSIF n’a pas explicitement pour mandat de faire progresser les efforts vis-à-vis les objectifs en matière de changements climatiques, notre mandat actuel nous procure la latitude nécessaire pour prendre des mesures qui garantissent que les institutions financières sous notre gouverne gèrent l’incidence des changements climatiques sur leur sûreté et leur solidité.

Les changements climatiques ont une incidence sur la sûreté et la solidité des institutions financières, car ils modifieront les flux de trésorerie générés par certains actifs financiers et certaines activités. Comme elles sont plus destructrices et plus fréquentes, les catastrophes naturelles transforment les facteurs économiques fondamentaux de certains segments de l’assurance. Le monde délaissera peu à peu les sources d’énergie émettrices de gaz à effet de serre, et le système financier canadien devra financer la décarbonisation des entreprises.

Le mandat actuel du BSIF l’oblige donc à réagir de toute urgence aux risques posés par les changements climatiques. Si nous ne le faisons pas, nous ne respectons pas notre mandat actuel.

Durant la dernière année, le BSIF a fait des progrès considérables pour aider les institutions financières à améliorer leurs compétences en gestion des risques physiques et de transition liés aux changements climatiques. Nous avons :

  • précisé nos attentes au moyen de la Ligne directrice B-15 – Gestion des risques climatiques;
  • créé une plateforme favorisant le dialogue, soit le Forum sur le risque climatique;
  • lancé la version provisoire des relevés sur les risques climatiques et un exercice normalisé d’analyse de scénarios climatiques.

Nous avons cherché à réglementer le système financier fédéral dans le but d’améliorer la gestion des risques climatiques en faisant preuve d’innovation à même nos pratiques et outils réglementaires actuels. Nous estimons que le moment est venu d’élargir l’application de nos saines pratiques de gestion des risques pour inclure les risques liés aux changements climatiques. Cela nécessite une analyse des risques rigoureuse et ascendante qui, à son tour, éclairera les décisions réglementaires futures en matière de pondération des risques (et donc de répartition des capitaux), de simulations de crise et de déclarations.

Merci! C’est avec plaisir que nous répondrons maintenant à vos questions.