Pratiques et procédures de souscription de prêts hypothécaires résidentiels

Propriétés du document

  • Type de publication : Ligne directrice
  • Catégorie : Saines pratiques commerciales et financières
  • Date : Novembre 2014
  • No : B-20
  • Public : Banques / SBE / SFP / SAV / ACC / SAM

I. But et portée de la ligne directrice

Le Conseil de stabilité financière (CSF) a diffusé un document intitulé Principles for Sound Residential Mortgage Underwriting Practices (les « principes du CSF »), qui invite toutes les instances à veiller à ce que ces principes soient appliqués par les entités qui consentent des prêts hypothécaires ou qui assument la responsabilité du risque qui en découle, notamment les entités prenant part à l’impartition des services de souscription de prêts hypothécaires.

La présente ligne directrice (la « ligne directrice ») énonce les attentes du BSIF au sujet de la souscription prudente de prêts hypothécaires résidentiels, et elle s’adresse à toutes les institutions financières fédéralesNote de bas de page 1 (IFF) qui souscrivent des prêts hypothécaires résidentiels ou font l’acquisition d’éléments d’actif liés à de tels prêts au Canada. Elle complète les dispositions pertinentes de la Loi sur les banques, de la Loi sur les sociétés de fiducie et de prêt, de la Loi sur les sociétés d’assurances et de la Loi sur les associations coopératives de crédit, de même que le cadre de garantie du gouvernement du Canada en matière d’assurance hypothécaire, qui établit les règles régissant les prêts hypothécaires assurésNote de bas de page 2 endossés par le gouvernementNote de bas de page 3.

Aux fins de la ligne directrice, l’expression « prêt hypothécaire résidentiel » comprend un prêt consenti à un particulier qui est garanti par une hypothèque sur un immeuble résidentiel (c’est-à-dire, un immeuble d’un à quatre logements). La ligne directrice vise également les marges de crédit adossées à un bien immobilier (MCBI), les prêts sur la valeur nette d’une maison et les autres produits de même genre qui reposent sur un immeuble résidentiel.

La ligne directrice exprime clairement cinq principes fondamentaux pour une saine souscription de prêts hypothécaires résidentiels. Le premier principe a trait à la gouvernance des IFF et à l’établissement d’objectifs opérationnels, d’une stratégie et de mécanismes de supervision fondamentaux visant la souscription de prêts hypothécaires résidentiels ou l’acquisition d’éléments d’actif liés à de tels prêts.

Les trois principes suivants portent plus précisément sur la décision en matière de crédit hypothécaire résidentiel et sur le processus de souscription, plus particulièrement, sur l’évaluation des éléments suivants :

  • l’identité de l’emprunteur, ses antécédents et sa volonté d’acquitter ses dettes dans les délais impartis (principe 2);
  • la capacité de l’emprunteur d’acquitter ses dettes dans les délais impartis (principe 3);
  • la valeur / la sûreté sous-jacente du bien immobilier et le processus de gestion de cette sûreté (principe 4).

Ces trois principes doivent être évalués par les prêteurs selon une approche globale axée sur le risque – à moins d’indication contraire dans la présente ligne directrice. La volonté manifeste et la capacité de l’emprunteur d’acquitter ses dettes dans les délais impartis devraient constituer les fondements généraux de la décision du prêteur. Le recours excessif aux sûretés peut poser problème, car l’obtention du titre immobilier sous-jacent peut être difficile pour l’emprunteur et coûteux pour le prêteur.

Le cinquième princi e porte sur la nécessité de fonder la souscription et l’achat de prêts hypothécaires sur la gestion efficace du risque de crédit et de contrepartie, notamment sur de l’assurance hypothécaire, le cas échéant. La dernière section de la ligne directrice résume les exigences de divulgation et de surveillance.

II Principes

Principe 1 : Les IFF qui pratiquent la souscription de prêts hypothécaires résidentiels et/ou l’acquisition d’éléments d’actif liés à de tels prêts doivent appliquer une politique de souscription de prêts hypothécaires résidentiels (PSPHR).Note de bas de page 4 Les pratiques et procédures des IFF en matière de prêts hypothécaires résisentiels doivent respecter les dispositions de leur PSPHR.

Politique de souscription de prêts hypothécaires résidentiels (PSPHR)

Le cadre de gestion de la propension à prendre des risquesNote de bas de page 5 approuvé par le conseil d’administration doit fixer des limites au niveau de risque que les IFF sont prêtes à accepter au titre des prêts hypothécaires résidentiels. Ces limites représentent le fondement de la PSPHR. La PSPHR doit par ailleurs s’harmoniser avec la stratégie d’entreprise des IFF, puis être rattachée au cadre de gestion du risque d’entreprise.

La PSPHR doit tenir compte de l’envergure, de la nature et de la complexité de l’activité d’une IFF dans le domaine des prêts hypothécaires résidentiels, et elle doit tenir compte de divers facteurs et mesures, par exemple :

  • les éléments importants de la stratégie et de l’approche d’une IFF au titre de la souscription de prêts hypothécaires résidentiels et de l’acquisition d’éléments d’actif liés à de tels prêts (p. ex., les produits et les marchés) au Canada et à l’étranger;

  • à l’échelle du portefeuille, les pratiques et processus de gestion du risque en ce qui a trait aux prêts hypothécaires résidentiels et aux éléments d’actif liés à de tels prêts (y compris les limites auxquelles sont soumis les prêts, l’acquisition, les produits et la concentration géographique);

  • à l’échelle du prêt hypothécaire résidentiel individuel, les normes, limites et critères acceptables de souscription et d’acquisition pour tous les produits de prêts hypothécaires résidentiels (p. ex., cotes de crédit, ratios prêt-valeur, ratios de couverture du service de la dette et période d’amortissement);

  • les limites relatives aux exceptions aux prêts hypothécaires souscrits ou acquis;

  • les processus de détection et de signalement à la direction des exceptions aux règles de souscription ou d’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels, s’il y a lieu, notamment un processus d’approbation et de communication des exceptions;

  • les attributions des personnes chargées de la supervision et de la mise en œuvre de la PSPHR.

Supervision exercée par la haute direction et le conseil d’administration

Il incombe à la haute direction de préparer la PSPHR et de la mettre en œuvre. Cependant, le conseil d’administration (le conseil) de l’IFF a un rôle important à jouer à ce chapitre, c’est-à-dire donner des consignes précises à la haute direction sur les questions concernant la souscription de prêts hypothécaires et la gestion du portefeuille et la superviser.

Le conseil de l’IFF doit étudier la PSPHR et tout changement qui y est apporté et en discuter. Il doit comprendre les décisions, les plans et les politiques pris et adoptés par la haute direction à l’égard de la souscription de prêts hypothécaires résidentiels ou de l’acquisition d’éléments d’actif liés à de tels prêts et leur éventuelle incidence sur l’IFF. Il doit sonder et questionner la haute direction et en obtenir l’assurance que ces décisions, plans et politiques sont conformes à ses propres décisions et à la stratégie en matière de gestion des activités et des risques qu’il a approuvée p ur l’IFF et que les contrôles internes correspondants sont rigoureux et mis en œuvre de manière efficace.

Le conseil doit exiger un rapport opportun, précis, indépendant et objectif sur les risques que présentent les prêts hypothécaires résidentiels, y compris les procédures et mécanismes de contrôle en place pour gérer le risque et garantir l’efficacité globale des processus de gestion.

Le conseil doit connaître et agréer la méthode utilisée pour déterminer, approuver et surveiller les exceptions importantes aux politiques et aux mécanismes de contrôle des prêts hypothécaires résidentiels, la nature des communications au conseil de même que les conséquences des exceptions constatées et les processus mis en branle en l’occurrence.

Contrôle interne, surveillance et information

Les IFF doivent élaborer et tenir à jour des systèmes efficaces de contrôle, de surveillance et d’information afin de garantir la conformité opérationnelle avec la PSPHR. Les IFF doivent déterminer, mesurer, surveiller et communiquer en permanence les risques que présentent toutes les activités de prêt et d’acquisition dans le domaine des prêts hypothécaires résidentiels, et ce, dans tous les territoires de compétence. Le profil de gestion de la propension à prendre des risques et de tolérance au risque doit être compris à tous les niveaux pertinents de l’organisation.

Les IFF doivent se doter de processus efficacesNote de bas de page 6 concernant les prêts hypothécaires résidentiels pour pouvoir, de façon indépendante et objective :

  • recenser, évaluer et analyser les principaux risques;
  • surveiller l’exposition aux risques en regard du profil de gestion de la propension à prendre des risques de l’IFF;
  • veiller à ce que les risques soient bien contrôlés et atténués, et fournir des garanties à cet égard au conseil et à la haute direction;
  • assurer le respect des politiques, processus et limites de gestion du risque et fournir des garanties en ce sens au conseil et à la haute direction;
  • produire des rapports d’exception, notamment relever les tendances et les problèmes systémiques à l’intérieur du portefeuille de prêts hypothécaires résidentiels susceptibles de nuire à la qualité des prêts ou aux facteurs d’atténuation du risque;
  • faire rapport de l’efficacité des modèles.

Déclaration de souscription de prêts hypothécaires

Un employé cadre de l’IFF doit faire une déclaration annuelle au conseil pour confirmer que les pratiques de souscription et d’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels, et les pratiques et procédures connexes de gestion du risque satisfont, sauf indication contraire dans la déclaration, aux normes énoncées dans la ligne directrice.

S’il y a dérogation à la ligne directrice, la nature et l’ampleur de la dérogation, ainsi que les mesures prises ou proposées pour corriger la situation et atténuer le risque associé à la dérogation, devraient être l’objet d’une description écrite exhaustive à l’intention du conseil d’administration et du BSIF.

Principe 2 : Les IFF doivent faire preuve de diligence raisonnable en notant et en confirmant l’identité de l’emprunteur, ses antécédents et sa volonté d’acquitter ses dettes dans les délais impartis.

Antécédents et dossier de crédit de l’emprunteur

Les IFF doivent vérifier dans une mesure raisonnable les antécédents, le dossier de crédit et le comportement d’un éventuel emprunteur hypothécaire résidentiel pour bien évaluer la probabilité qu’il remboursera le prêt hypothécaire dont il fait la demande.

Par exemple, la cote attribuée par les principales agences d’évaluation du crédit est un indicateur auquel se réfèrent couramment les prêteurs. Toutefois, la cote de crédit ne doit pas être le seul critère pris en considération pour évaluer la qualité de l’emprunteur, car un tel indicateur mesure le comportement antérieur et n’est pas rajusté sur-le-champ pour tenir compte de changements à la situation financière de l’emprunteur ou à sa volonté manifeste d’acquitter ses dettes dans les délais impartis.

Les IFF doivent obtenir le consentement de l’emprunteur avant d’évaluer sa situation et se conformer aux lois fédérales et provinciales pertinentes sur l’utilisation et la protection des renseignements personnels (p. ex., la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques).

Documentation sur les prêts

La tenue de documents de qualité sur les prêts est une fonction administrative importante des prêteurs. Elle donne un aperçu précis des facteurs qui sous-tendent la décision d’octroi du crédit, elle appuie les fonctions de gestion du risque du prêteur, et elle permet aux IFF et au BSIF d’effectuer un audit indépendant ou un examen indépendant. En outre, le prêteur doit disposer de tels documents pour prouver qu’il respecte les exigences relatives à l’assurance hypothécaire et que la couverture d’assurance demeure intacte.

Par conséquent, les IFF doivent conserver des documents complets sur les renseignements qui ont motivé l’approbation d’une demande de prêt et qui correspondent habituellement à ce qui suit :

  • une description de l’objet du prêt (p. ex., l’achat, le refinancement, la rénovation et la consolidation de dettes);
  • la situation d’emploi et la vérification du revenu (voir le principe 3);
  • les calculs du ratio de la dette, y compris les documents de vérification des principaux facteurs (p. ex., chauffage, impôts fonciers et autres créances);
  • le ratio prêt-valeur, l’évaluation du bien immobilier et les documents d’évaluation (voir le principe 4);
  • les rapports des agences d’évaluation du crédit et les réponses à d’autres demandes de renseignements sur le crédit;
  • les documents qui permettent de vérifier la source des acomptes;
  • les conventions d’achat et de vente et autres documents à l’appui des sûretés;
  • une explication des critères ou des autres éléments (p. ex., information « incertaine ») d’atténuation des facteurs de risques de crédit élevés;
  • une justification précise de la décision (y compris les exceptions);
  • un dossier de l’assureur hypothécaire qui valide l’approbation de l’assurance hypothécaire dans les cas d’une exception à ses politiques de souscription.

Les documents susmentionnés doivent être obtenus à l’émission du prêt hypothécaire et, le cas échéant, à chaque refinancement du prêt. Les IFF doivent mettre à jour l’analyse de l’emprunteur périodiquement (pas nécessairement au moment du renouvellement) pour être en mesure d’évaluer efficacement leur risque de crédit.Note de bas de page 7 En particulier, les IFF doivent examiner quelques-uns des facteurs susmentionnés si la situation de l’emprunteur ou le risque de propriété change sensiblement.

À titre de principe général, un tiers indépendant qui évalue un prêt hypothécaire d’une IFF doit être en mesure de constater, en se référant aux documents pertinents de l’IFF, que tous les critères de souscription ont été satisfaits avant que le crédit ait été consenti.

Lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes

Dans le cadre de son évaluation de l’emprunteur, si l’IFF sait que le prêt hypothécaire résidentiel servira à des fins illicites ou qu’il existe des motifs raisonnables de le soupçonner, elle doit donc refuser de consentir le prêt et envisager la possibilité de déposer une déclaration d’opérations douteuses auprès du Centre des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) relativement à la tentative d’opération.

Les IFF doivent veiller à ce que les prêts hypothécaires résidentiels soient assujettis aux exigences de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (RRPCFAT), du Règlement sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (RRPCFAT) de même que de la ligne directrice B-8 du BSIF (Mécanismes de dissuasion et de détection du recyclage des produits de la criminalité et du financement des activités terroristes) du BSIF en ce qu’elles ont trait à la prévention et à la détection du recours possible à l’achat d’un immeuble ou à un prêt hypothécaire pour recycler des produits de la criminalité ou prendre part au financement d’activités terroristesNote de bas de page 8.

Plus particulièrement, les IFF doivent respecter les exigences de la LRPCFAT au sujet de l’identification des clients et de la tenue de registres, et veiller à recueillir suffisamment de renseignements sur l’emprunteur pour déterminer s’il présente d’importants risques au sens de la LRPCFAT et du RRPCFAT.

Principe 3 : Les IFF doivent évaluer correctement la capacité de l’emprunteur d’acquitter ses dettes dans les délais impartis.

Vérification du revenu

Le revenu d’un emprunteur représente un facteur clé dans l’évaluation de sa capacité de rembourser un emprunt hypothécaire et la vérification du revenu aide à prévenir ou détecter la fraude. Les IFF doivent présenter des demandes de renseignements raisonnables et prendre des mesures raisonnables pour vérifier le revenu sous-jacent de l’emprunteur, notamment en confirmant :

  • sa situation d’emploi;
  • ses revenus antérieurs.

Dans le cas des travailleurs autonomes, les IFF devraient prendre des mesures raisonnables pour obtenir une vérification du revenu (p. ex., avis de cotisation) et des documents d’entreprise pertinents. Afin de déterminer la mesure dans laquelle la documentation utilisée pour appuyer le revenu est raisonnable, la bonne pratique suggère ce qui suit.

  • Le montant du revenu est vérifié par une source indépendante.
  • Il est difficile de falsifier la source de vérification.
  • La source de vérification traite directement du montant du revenu déclaré.
  • L’information et les documents de vérification du revenu ne sont pas en contradiction avec d’autres renseignements fournis par l’emprunteur dans le cadre du processus de souscription.

Garants et cosignataires des prêts hypothécaires

Lorsqu’une IFF obtient une garantie ou qu’un cosignataire appuie la demande de prêt hypothécaire, l’IFF doit également faire preuve de diligence en vérifiant la situation de crédit du garant ou du cosignataire, notamment son revenu, et en obtenant un rapport d’une agence d’évaluation du crédit et un état de sa valeur nette. Le garant / cosignataire doit bien comprendre toutes ses obligations légales.

Ratio de couverture de la dette

Une composante fondamentale de la souscription prudente tient à une évaluation exacte de la suffisance du revenu de l’emprunteur, compte tenu des paiements hypothécaires qu’il aura à faire et de toutes les dettes qu’il a contractées. Au cours de cette évaluation, l’IFF doit établir les paramètres du service de la dette (y compris la méthode de calcul de ces paramètres), fixer des mesures prudentes pour déterminer le service de la dette (précisées dans la PSPHR) et calculer le ratio de service de la dette de l’emprunteur particulier afin d’en apprécier l’abordabilité.

Deux ratios couramment utilisés sont le service de la dette brute (SDB) et le service de la dette totale (SDT). Par exemple, pour les prêts hypothécaires garantis, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) définit les ratios de SDB et de SDT et fixe des plafonds à ces deux ratios. Les assureurs hypothécaires privés définissent également des paramètres semblables en matière de service de la dette et des limites au titre des produits d’assurance hypothécaire. Le BSIF s’attend à ce que les notes moyennes du SDB et du SDT pour tous les prêts hypothécaires souscrits et/ou acquis soient inférieures aux plafonds déclarés par les IFF, comme il est mentionné dans la PSPHR ou dans les politiques au sujet des prêts hypothécaires, et qu’elles reflètent une distribution raisonnable des ratios de SDB et de SDT dans l’ensemble du portefeuille.

L’IFF doit avoir adopté des politiques précises portant sur les facteurs entrant dans le calcul des ratios de SDB et de SDT, entre autres :

  • le principal et les intérêts;
  • les autres sources de revenu;
  • les frais de chauffage;
  • les impôts fonciers;
  • le revenu du garant ou du cosignataire;
  • les montants mensuels versés en remboursement de marges de crédit.

Les ratios de SDB et de SDT doivent être calculés de façon prudente (c’est-à-dire, assujettis à des critè es pertinents pour tenir compte de diverses conjonctures financières et économiques et de taux d’intérêt plus élevés). Par exemple, dans le cas des prêts hypothécaires assurés, le cadre de garantie des prêts hypothécaires assurés instauré par le gouvernement du Canada exige que les prêteurs utilisent le plus élevé du taux hypothécaire contractuel et du taux de référence de cinq ans publié par la Banque du CanadaNote de bas de page 9 pour tous les prêts hypothécaires à taux variable, peu importe leur durée, et les prêts hypothécaires à taux fixe dont la durée est inférieure à la période standard de cinq ans.

Pour les prêts hypothécaires résidentiels non assurés, les IFF doivent tenir compte des conjonctures actuelles et futures, en prenant en considération les taux admissibles et en portant des jugements raisonnables, et ne pas supposer que le taux quinquennal interne est suffisamment prudent pour leur analyse. Le taux admissible doit à tout le moins équivaloir au plus élevé du taux hypothécaire contractuel et du taux de référence quinquennal publié par la Banque du Canada dans le cas de tous les prêts hypothécaires à taux variable, peu importe leur durée, et les prêts hypothécaires à taux fixe dont la durée est inférieure à cinq ans.

Autres critères d’évaluation

Outre le revenu et le service de la dette, les IFF doivent prendre en compte d’autres facteurs qui ne seraient habituellement pas visés dans les paramètres du service de la dette (p. ex., les éléments d’actif (épargne) de l’emprunteur, les autres frais de subsistance et les obligations de paiement récurrentes (p. ex., les charges de copropriété)).

Dans toute la mesure du possible, l’évaluation du revenu doit également englober la stabilité du revenu de l’emprunteur, y compris les résultats négatifs possibles (p. ex., variabilité du salaire ou du traitement). Par contre, les revenus temporairement élevés (rémunération des heures supplémentaires, commissions non périodiques et primes) doivent être normalisés ou actualisés avec précision.

Amortissement

La période d’amortissement du prêt hypothécaire est déterminante de la décision d’octroi de crédit, car elle touche le service de la dette par l’emprunteur, la durée de la période de remboursement et la plus-value de la part du bien immobilier sous-jacent appartenant en propre à l’emprunteur.

Les IFF doivent fixer une période d’amortissement maximale annoncée pour tous les prêts hypothécaires résidentiels souscrits. Le BSIF s’attend à ce que la période d’amortissement moyenne des prêts hypothécaires souscrits soit plus courte que la période maximale annoncée par l’IFF, comme elle le précise dans sa PSPHR. La section III de la ligne directrice énonce l’obligation de communiquer au public les périodes d’amortissement.

Principe 4 : Les IFF doivent disposer de processus solides de gestion et d’évaluation des sûretés relatives aux biens immobiliers sou-jacents.

Généralités

De façon générale, les prêts hypothécaires sont consentis d’après la volonté et la capacité de l’emprunteur de rembourser ses dettes, car le processus d’obtention du titre de l’immeuble sous-jacent peut être coûteux. Toutefois, dans la mesure où le prêteur devait réaliser le bien sous-jacent sur lequel une sûreté a été constituée, il devient important d’appliquer de saines pratiques et procédures relatives à la sûreté.

Évaluation foncière

Un niveau d’endettement élevé est souvent associé aux prêts hypothécaires résidentiels, et le prêteur s’en remet de façon générale à une sûreté pour garantir le remboursement de la dette en cas de non-paiement. À ce titre, une évaluation rigoureuse et approfondie du bien sous-jacent est un élément essentiel du secteur des prêts hypothécaires résidentiels; elle connstitue un important moyen à prendre pour bien atténuer le risque. Les IFF doivent appliquer des politiques et procédures d’évaluation précises et transparentes à cet égard.

Pour déterminer la valeur d’un bien immobilier, les IFF doivent adopter une approche axée sur le risque et envisager une combinaison d’outils et de processus d’évaluation qui conviennent aux risques assumés. Le processus d’évaluation peut s’appuyer sur diverses méthodes dont des inspections sur place, l’évaluation par un tiers ou des outils d’évaluation électroniques.

Inspection sur place

En règle générale, les IFF doivent effectuer des évaluations sur place du bien sous-jacent, en faisant appel soit à un employé soit à un évaluateur compétent, selon la nature du bien ou de l’opération. Outre l’évaluation du bien, l’inspection sur place est utile aux fins du processus de validation du taux d’occupation, de la condition et, en bout de ligne, de l’existence du bien en question.

Évaluation par un tiers

Les IFF qui ont recours à des tiers évaluateurs doivent veiller à ce que ces personnes possèdent les compétences professionnelles en évaluation voulues, fassent preuve de diligence, soient titulaires d’une désignation, d’une licence ou d’un certificat, et respectent les normes de qualification professionnelle. De même, ces évaluateurs doivent être indépendants des processus d’acquisition du bien immobilier, de traitement du prêt et de la décision de crédit.

Outils d’évaluation électroniques

Si une IFF utilise des outils d’évaluation électroniques, des processus doivent être mis en place pour contrôler leur efficacité continue afin qu’ils produisent des évaluations correspondant à la valeur de marché des biens immobiliers. Des contrôles doivent être appliqués pour faire en sorte que les outils soient utilisés correctement par les agents chargés des prêts hypothécaires.

En règle générale, les IFF ne devraient pas s’en remettre à une seule méthode d’évaluation des biens. Elles doivent adopter une approche élargie et plus prudente lorsqu’elles évaluent des sûretés liées aux opérations les plus risquées, notamment les prêts hypothécaires résidentiels dont le RPV est relativement élevé.

Des évaluations réalistes, justifiées et défendables doivent être effectuées pour tenir compte du prix actuel et de la fonction du bien immobilier comme sûreté pendant la durée du prêt hypothécaire. Conformément au principe 2 ci-dessus, il convient de conserver une documentation complète.

Les IFF doivent veiller à ce que le droit de réaliser la sûreté soit juridiquement valide et qu’elle puisse être réalisée dans un délai raisonnable ou, à défaut de pouvoir vérifier sa validité, s’assurer de l’existence d’une assurance de titre souscrite auprès d’un tiers.

Lorsqu’elles consentent des prêts à des emprunteurs, les IFF doivent imposer des modalités contractuelles qui garantissent leur protection intégrale en vertu des lois applicables du territoire de compétence et tenter de préserver une gamme acceptable de recours (notamment, le cas échéant, des recours sur l’engagement personnel) en cas de défaut de l’emprunteur. En outre, les IFF doivent mettre en place les plans d’action nécessaires pour déterminer la meilleure marche à suivre en cas de défaut de l’emprunteur. De tels plans d’action doivent porter sur les points suivants :

  • les recours/options probables à la disposition de l’IFF en cas de défaut dans tous les territoires de compétence;
  • la détermination des parties à l’encontre desquelles ces recours peuvent être exercés;
  • une stratégie d’application de ces options d’une manière saine et prudente.

Ratio prêt-valeur (RPV)

Généralités

Le RPV couramment utilisé représente une évaluation du pourcentage de la valeur des sûretés qui peut être utilisé pour appuyer le prêt. D’après l’expérience acquise, ce pourcentage dépend largement du risque de crédit. Les prêts hypothécaires résidentiels qui comportent les RPV les plus élevés présentent un risque généralement plus important que ceux dont le ratio RPV est moins élevé (c’est-à-dire, plus grande mise de fonds).

Les IFF doivent adopter un RPV maximal acceptable (pour divers types d’opérations hypothécaires). Le RPV maximal peut être prescrit légalement ou fixé d’après la situation actuelle ou attendue du marché, ou d’autres facteurs de risque qui peuvent influer sur la capacité des emprunteurs d’acquitter leurs dettes ou sur la capacité des prêteurs de réaliser les sûretés et les coûts que cela occasionne. La section III de la ligne directrice énonce les exigences de divulgation publique des RPV.

Prêts hypothécaires résidentiels classiquesNote de bas de page 10

La loi précise que les prêts hypothécaires résidentiels souscrits pour l’achat, la rénovation ou l’amélioration d’un bien immobilier doivent être assurés si leur RPV est supérieur à 80 %Note de bas de page 11. En outre, le BSIF s’attend à ce que les IFF imposent un RPV maximal de 65 % pour les prêts hypothécaires résidentiels non conformesNote de bas de page 12. Le BSIF s’attend aussi à ce que les RPV moyens de tous les prêts hypothécaires résidentiels conformes et non conformes soient inférieurs aux RPV maximaux annoncés par les IFF, comme il est indiqué dans leur PSPHR, et reflètent une distribution raisonnable des RPV dans l’ensemble du portefeuille.

Le RPV doit être recalculé à chaque refinancement et lorsqu’il est jugé prudent de le faire, à l’aide d’une méthode d’évaluation acceptable, compte tenu de l’évolution du profil de risque de l’emprunteur ou de sa situation de défaut.

Les IFF ne doivent pas structurer un prêt hypothécaire ou la combinaison d’un prêt hypothécaire et d’autres produits de prêt (garantis par le même bien) dans une forme qui facilite le contournement du RPV maximal fixé par la PSPHR. En outre, on ne doit pas s’en remettre au seul RPV pour évaluer la volonté et la capacité de l’emprunteur de rembourser le prêt (voir les principes 2 et 3).

Acompte

Pour ce qui est de l’acompte versé par l’emprunteur dans le cas des prêts hypothécaires assurés et non assurés, les IFF doivent déployer des efforts raisonnables pour déterminer si la somme provient des ressources de l’emprunteur ou de son épargne. Si l’acompte représente en tout ou en partie un don à l’emprunteur, il doit être accompagné d’une lettre du donateur qui confirme l’absence de recours. Les paiements incitatifs et les réductions (c’est-à-dire, les « remises en espèces ») ne doivent pas être réputés faire partie de l’acompteNote de bas de page 13.

Valeur foncière utilisée pour le RPV

Les IFF doivent évaluer et rajuster, au besoin, la valeur du bien immobilier aux fins du calcul du RPV en tenant compte des facteurs de risque pertinents qui rendent le bien sous-jacent plus vulnérable à une sévère correction du prix des maisons ou qui pourraient nuire sensiblement à la négociabilité du bien immobilier. Ces facteurs comprendraient l’emplacement du bien, le type de bien, son prix actuel sur le marché et l’utilisation qu’il est prévu de faire du bien immobilier pour lequel le prêt a été consenti.

Marges de crédit adossées à un bien immobilier (MCBI)

Une MCBINote de bas de page 14 est une forme de crédit non amorti (rotatif) garanti par un immeuble résidentiel. Contrairement à un prêt hypothécaire résidentiel classique, la plupart des MCBI n’ont pas de période d’amortissement prédéterminée, même si des paiements périodiques minimaux sont généralement exigés par la plupart des prêteurs.

Les MCBI représentent une source de fonds pour les consommateurs. Toutefois, les IFF doivent reconnaître qu’au fil du temps ces produits peuvent accroître sensiblement l’endettement des consommateurs. Même si certains emprunteurs peuvent choisir de rembourser le solde impayé de leur MCBI sur une plus courte période par rapport à la période d’amortissement moyenne d’un prêt hypothécaire résidentiel courant, la nature renouvelable des MCBI peut également entraîner une plus grande persistance des soldes impayés et un plus grand risque de perte pour les prêteurs. De même, les emprunteurs peuvent parfois dissimuler leurs difficultés financières en se prévalant de leurs marges de crédit pour effectuer des paiements hypothécaires à temps, ce qui complique l’évaluation exacte par le prêteur du risque de crédit qu’ils présentent.

Compte tenu des caractéristiques uniques des MCBI en comparaison des prêts hypothécaires résidentiels classiques, les IFF doivent faire en sorte que les risques associés aux MCBI soient atténués suffisamment, notamment être en mesure de prévoir le remboursement intégral du prêt au fil du temps, et confirmer, le cas échéant, la nécessité d’une surveillance accrue de la qualité du crédit des emprunteurs.

Le BSIF s’attend à ce que les IFF limitent la composante MCBI non amortie d’un prêt hypothécaire résidentiel au RPV maximal autorisé, c’est-à-dire au plus 65 %.Note de bas de page 15 Le BSIF s’attend à ce que le RPV moyen pour toutes les MCBI sera inférieur aux plafonds annoncés des IFF, comme l’indique leur PSPHR, et qu’il reflétera une distribution raisonnable des RPV dans l’ensemble du portefeuille. La section III énonce les exigences de divulgation publique des RPV et des MCBI.

Principe 5 : Les IFF doivent disposer de pratiques et procédures efficaces de gestion du risque de crédit et de contrepartie qui appuient la souscription de prêts hypothécaires résidentiels et la gestion du portefeuille d’éléments d’actif liés à de tels prêts, notamment l’assurance hypothécaire, le cas échéant.

Assurance hypothécaire

L’assurance prêt hypothécaire est souvent utilisée comme stratégie d’atténuation du risque. Toutefois, cette forme d’assurance ne doit pas remplacer les saines pratiques de souscription de l’IFF, comme il est précisé dans la présente ligne directrice. Elle ne doit pas non plus être réputée remplacer la diligence raisonnable à l’égard de l’emprunteur ou d’autres indicateurs de risque, comme l’acompte minimal.

Les IFF peuvent se procurer de l’assurance hypothécaire auprès de la SCHL et d’assureurs hypothécaires privés. Le BSIF estime que les deux sont acceptables, pourvu que l’IFF fasse preuve de diligence raisonnable auprès de l’assureur hypothécaire en respectant son niveau d’exposition à cet assureur. En effectuant une telle évaluation, l’IFF doit tenir compte, entre autres, des éléments suivants de l’assureur hypothécaire :

  • le dossier de paiement des sinistres;
  • les obligations prévues au titre des sinistres futurs;
  • la vigueur du bilan;
  • les sources de financement, y compris le niveau de capital et l’accès à celui-ci, et la forme, le montant et la provenance des liquidités;
  • la gestion, notamment la qualité des pratiques et des procédures de gouvernance;
  • les accords de réassurance et l’incidence directe et indirecte qu’ils peuvent avoir sur les propres accords de l’IFF avec l’assureur.

L’évaluation de chaque contrepartie de l’assurance hypothécaire des IFF doit être mise à jour pendant toute la durée du contrat d’assurance. En cas d’expositions importantes sur des sinistres subis mais non déclarés, la direction de l’IFF doit poursuivre les évaluations au-delà de la date d’échéance du contrat pour demeurer au courant des éventuelles sommes à recouvrer auprès des assureurs au titre de sinistres futurs prévus.

Pour les prêts hypothécaires assurés, les IFF doivent respecter les exigences de souscription ou d’évaluation imposées par l’assureur hypothécaire afin de garantir la validité de l’assurance sur ces prêts.

Achat d’éléments d’actif hypothécaire provenant d’un tiers

Les IFF qui font l’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels provenant de tiers doivent veiller à ce que les normes de souscription du tiers – y compris la diligence raisonnable à l’égard de l’emprunteur, la couverture du service de la dette, la gestion des sûretés, les RPV – soient conformes à la PSPHR de l’IFF, de même qu’à la ligne directrice. Les IFF ne doivent pas s’en remettre exclusivement à l’attestation du tiers.

Validation du modèle et simulations de crise

Les IFF utilisent souvent des modèles pour faciliter la prise de décisions relatives à la souscription ou à l’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels (p. ex., des modèles d’évaluation ou de faillite) ou à l’octroi de prêts au moyen du processus d’autorèglement. On s’attend à ce que les IFF appliquent un processus d’évaluation indépendant au moment de l’instauration de ces modèles, puis à intervalles réguliers. Cette démarche comprendrait un examen périodique et le recalibrage des paramètres de risque touchant le portefeuille de prêts hypothécaires. Les modèles utilisés doivent refléter la nature du portefeuille et, le cas échéant, être adaptés en cas de variation importante des risques au sein du portefeuille. Cette approche pourrait englober l’élaboration de nouveaux modèles afin de saisir des segments de risque spécifiques.

En outre, les IFF doivent appliquer un régime de simulations de crise qui prévoit des scénarios improbables mais vraisemblables et leur effet éventuel sur le portefeuille de prêts hypothécaires résidentiels. Les résultats de ces simulations doivent être pris en compte dans l’évaluation continue des modèles et être sensiblement reflétés dans le Processus interne d’évaluation de l’adéquation des fonds propres (PIEAFP)Note de bas de page 16 (institutions de dépôts) ou le ratio cible interne de capital (sociétés d’assurances).

Portefeuilles d’éléments d’actif à risque élevé

Niveau de prudence rehaussé

Les IFF disposent de la latitude nécessaire pour souscrire ou acquérir une vaste gamme de prêts hypothécaires résidentiels comportant des profils de risque divers. Toutefois, pour les portefeuilles d’éléments d’actif liés à des prêts hypothécaires résidentiels des IFF qui présentent des risques de crédit particulièrement élevés (p. ex., les prêts hypothécaires non conformes), le BSIF s’attend à ce que les IFF redoublent de prudence, ce qu’attestent :

  • une meilleure supervision du portefeuille d’éléments d’actif par le conseil d’administration et la haute direction;
  • une intensification de la divulgation et de la surveillance du portefeuille d’éléments d’actif liés aux prêts hypothécaires résidentiels par la direction;
  • des contrôles internes plus rigoureux (c’est-à-dire, une justification additionnelle des renseignements sur la qualification du crédit, des processus améliorés d’approbation du crédit et un examen plus poussé de la part de la fonction de supervision de la gestion des risques);
  • de meilleures capacités en matière de gestion des situations de défaut et de perception;
  • des niveaux de fonds propres plus élevés qui réduisent l’effet du risque de portefeuille (voir la section suivante).

Suffisance des fonds propres réglementaires

Le BSIF s’attend à ce que les IFF maintiennent des niveaux suffisants de fonds propres réglementaires pour tenir dûment compte des risques assumés au moyen de la souscription ou de l’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels. Les IFF doivent tenir compte des éléments d’actif liés aux prêts hypothécaires comportant un risque élevé, que ce soit en rajustant leurs systèmes de cotation axés sur le risque ou en haussant leurs fonds propres en fonction du risque en application des résultats de PIEAFP (institutions de dépôts) ou du ratio cible interne de capital (sociétés d’assurances).

III. Administration de la ligne directrice

Exigences d’information

La communication d’informations accrues se traduit par une plus grande transparence, davantage de clarté et une plus grande confiance du public dans les pratiques de souscription des prêts hypothécaires résidentiels des IFF. En principe, les IFF doivent divulguer suffisamment de renseignements sur leurs portefeuilles de prêts hypothécaires résidentiels pour permettre aux participants du marché d’effectuer une évaluation juste de la stabilité et de l’état général de leurs activités dans le secteur des prêts hypothécaires résidentiels.

La divulgation publique de renseignements sur les prêts hypothécaires résidentiels doit comprendre la publication trimestrielle d’informations par les IFF qui consentent des prêts hypothécaires résidentiels ou en acquièrent, sous une forme et en un lieu qui favoriseront l’accès du public et la compréhension des informations divulguées, notamment :

  • le montant et le pourcentage de l’ensemble des prêts hypothécaires résidentiels et des MCBI assurés et non assurés. Ces données doivent inclure la définition du terme « assuré » par les IFF. En outre, une répartition géographique du montant et du pourcentage de l’ensemble des prêts hypothécaires résidentiels et des MCBI assurés et non assurés, par province, de même que découlant des activités à l’étranger;

  • le pourcentage des prêts hypothécaires résidentiels qui sont classés dans les diverses périodes d’amortissement importantes pour les IFF, p. ex. 20 à 24 ans, 25 à 29 ans, 30 à 34 ans, 35 ans et plus au Canada, de même que découlant des activités à l’étranger;

  • le RPV moyen pour les prêts hypothécaires résidentiels et MCBI non assurés nouveaux et acquis à la fin de chaque période. En outre, une répartition géographique des RPV moyens pour les prêts hypothécaires résidentiels et MCBI non assurés nouveaux et acquis, par province, de même que découlant des activités à l’étranger;

  • une discussion de l’effet éventuel sur les prêts hypothécaires résidentiels et sur les MCBI d’un ralentissement de l’économie.

Afin de satisfaire aux exigences de divulgation ci-haut, les activités à l’étranger peuvent être regroupées dans une catégorie, par exemple, « Autres administrations ».

Surveillance des IFF

Information à des fins de surveillance

Une meilleure transparence et des documents appropriés permettront au BSIF de mieux comprendre la situation financière des IFF et les répercussions économiques et les risques associés aux pratiques de souscription et d’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels des IFF. Il incombe à une IFF de tenir à jour et de remettre au BSIF, à la demande de ce dernier, sa PSPHR et les rapports de gestion connexes. Une IFF doit informer sans tarder le BSIF de tout problème de souscription de prêts hypothécaires qui pourrait avoir des répercussions importantes sur sa situation financière.

Dérogation à la ligne directrice

Le BSIF surveille les IFF pour déterminer si leur situation financière est saine et, s’il constate qu’elle ne l’est pas ou que les exigences en matière de surveillance ne sont pas respectées, il en avise rapidement le conseil et la haute direction. Il doit prendre, ou faire en sorte que le conseil ou la haute direction prenne, sans tarder les mesures correctives ou la série de mesures correctives nécessaires et faire valoir auprès du conseil et de la haute direction des institutions financières l’importance d’adopter des politiques et des procédures conçues pour limiter et gérer le risque.

Si une IFF ne limite pas les risques de souscription ou d’acquisition de prêts hypothécaires résidentiels, ou qu’il n’en rend pas compte adéquatement au cas par cas, le BSIF peut prendre ou faire en sorte que l’IFF prenne sans tarder des mesures correctives. Les mesures imposées par le BSIF peuvent comprendre une intensification de l’activité de surveillance et l’exercice de son pouvoir discrétionnaire de rajuster les exigences de fonds propres de l’IFF ou le multiple autorisé d’éléments d’actif aux fonds propres, à la mesure des risques assumés par l’IFF.

IV. Autres consignes

La présente ligne directrice vient compléter d’autres consignes du BSIF et elle doit être consultée conjointement avec les documents suivants :

  • la Ligne directrice sur la gouvernance d’entreprise
  • la Ligne directrice B-1 (Méthode de la gestion prudente)
  • la Ligne directrice B-2 (Limites régissant les engagements importants)
  • la Ligne directrice B-8 (Mécanismes de dissuasion et de détection du recyclage des produits de la criminalité et du financement des activités terroristes)
  • la Ligne directrice Normes de fonds propres
  • la Ligne directrice A-4 (Ratio cible interne de capital des sociétés d’assurances)

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Y compris les institutions financières constituées, prorogées ou réglementées sous le régime de la Loi sur les banques, de la Loi sur les sociétés de fiducie et de prêt, de la Loi sur les sociétés d’assurances et de la Loi sur les associations coopératives de crédit.

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Note de bas de page 2

Aux fins de la présente ligne directrice, l’expression « prêt hypothécaire assuré » s’entend d’un prêt hypothécaire assuré contre la perte causée par le défaut du bénéficiaire d’un prêt garanti par un bien immeuble (c’est‑à‑dire, un immeuble d’un à quatre logements) ou des biens meubles, ou un prêt hypothécaire pour un bien dans une réserve. Ce concept comprend aussi bien l’assurance individuelle que l’assurance de portefeuille, mais non les produits d’assurance autonomes qui accompagnent souvent les prêts hypothécaires tels que l’assurance-vie, l’assurance invalidité, l’assurance maladie, l’assurance emploi, l’assurance de titres et l’assurance d’évaluation de bien immobilier.

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Note de bas de page 3

La Loi sur la protection de l’assurance hypothécaire résidentielle (LPAHR) est entrée en vigueur le 1er janvier 2013.

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Note de bas de page 4

La PSPHR peut prendre la forme d’un document consolidé ou d’un ensemble de documents stratégiques régissant les prêts hypothécaires.

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Note de bas de page 5

Les exigences du cadre de gestion de la propension à prendre des risques sont résumées dans la Ligne directrice sur la gouvernance d’entreprise du BSIF.

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Note de bas de page 6

Ces processus sont normalement exécutés par la fonction de supervision de la gestion du risque de l’IFF.

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Note de bas de page 7

Les IFF doivent utiliser une approche axée sur le risque pour mettre à jour l’analyse de l’emprunteur.

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Note de bas de page 8

La LRPCFAT et le RRPCFAT ne s’appliquent pas aux sociétés d’assurances multirisques.

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Note de bas de page 9

Le taux de référence (taux hypothécaire ordinaire de cinq ans) est publié chaque semaine par la Banque du Canada et correspond au code V80691335.

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Note de bas de page 10

Y compris les prêts sur la valeur nette d’une maison comportant une période d’amortissement déterminée (c’est-à-dire, une « hypothèque de second rang »).

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Note de bas de page 11

Voir le paragraphe 418(1) de la Loi sur les banques, le paragraphe 418(1) de la Loi sur les sociétés de fiducie et de prêt, le paragraphe 469(1) de la Loi sur les sociétés d’assurances et le paragraphe 382.1 (1) de la Loi sur les associations coopératives de crédit.

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Note de bas de page 12

La définition de l’expression « non conforme » varie d’une IFF à l’autre. De façon générale, la définition peut comprendre les prêts admissibles non productifs, les prêts à faible cote de crédit ou à taux élevés de service de la dette, les prêts hypothécaires dont les caractéristiques du bien immobilier font en sorte que le prêt comporte un risque de crédit majoré (par exemple, les biens non liquides) et les prêts à défaut évident par rapport aux prêts hypothécaires résidentiels conformes.

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Note de bas de page 13

Les incitatifs monétaires et les ristournes (c’est‑à‑dire, les remboursements en espèces) peuvent entrer dans le calcul de la mise de fonds dans le cas des programmes de logements abordables qui sont financés par une municipalité, une province, un territoire ou le gouvernement du Canada. Le BSIF s’attend à ce que l’IFF intensifie ses activités de surveillance, de contrôle et de déclaration à l’égard de ces transactions.

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Note de bas de page 14

Aux fins de la présente ligne directrice, tous les prêts hypothécaires inversés ou un produit de crédit non amorti (rotatif) garanti par un bien immobilier résidentiel sont réputés être des MCBI.

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Note de bas de page 15

Du crédit hypothécaire supplémentaire (outre le RPV maximal de 65 % pour les MCBI) peut être consenti à un emprunteur. Il faut toutefois que la partie du prêt en excédent du RPV maximal de 65 % soit amortie.

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Note de bas de page 16

Les institutions de dépôts établissent un niveau de fonds propres à proportion de la nature et du niveau de leur risque. Chaque institution de dépôts fédérale doit établir ses cibles de fonds propres internes au moyen d’un PIEAFP qui lui est propre, et élaborer des stratégies qui lui permettent d’atteindre des cibles conformes à ses plans d’entreprise, à son profil de risque et à son contexte opérationnel. Voir la ligne directrice E-19.

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