Actuaire désigné : Dispositions législatives, qualifications et examen par des pairs

Propriétés du document

  • Type de publication : Lettre
  • Date : Le 11 septembre 2012
  • Référence : Ligne directrice à l’intention des SAV / SSM
  • Destinataires : Sociétés d’assurances fédérales et succursales canadiennes de sociétés d’assurances étrangères, y compris les sociétés de secours mutuels

Le BSIF a publié la version provisoire de la ligne directrice E-15, Actuaire désigné : Dispositions législatives, qualifications et examen par des pairs, en février 2012. Il a reçu 17 mémoires d’associations sectorielles, de sociétés et de particuliers à la suite de la publication de ce document. Je tiens à remercier tous les intervenants qui ont formulé des commentaires et des suggestions.

La ligne directrice E-15, parue à l’origine en 2003, a présenté pour la première fois le concept de l’examen par des pairs. Si les sociétés d’assurances, les actuaires désignés et les actuaires en général ont généralement accepté cette notion au cours des huit dernières années, le BSIF estime néanmoins qu’il est possible d’améliorer le processus d’examen par des pairs pour qu’il puisse s’y fier davantage lorsqu’il examine la situation des sociétés d’assurances.

Par ailleurs, le BSIF a modifié récemment le Cadre de surveillance, notamment en redéfinissant l’usage qu’il fait des travaux de l’actuaire désigné. Ces changements l’ont amené à constater la nécessité de mettre en valeur la fonction de l’examinateur externe.

Le BSIF a examiné les mémoires, et il a tenu des rencontres de suivi avec certains groupes. Il publie aujourd’hui la version finale de la ligne directrice E-15. À la présente lettre s’ajoute une annexe qui résume les commentaires reçus du public et explique de quelle manière la version finale de la ligne directrice en tient compte.

La version révisée de la ligne directrice s’applique aux états financiers de 2013 et aux essais dynamiques de la suffisance du capital (EDSC) préparés en 2013. L’examen des états financiers pour la fin de 2012 et les EDSC soumis en 2012 peuvent être soumis aux anciennes exigences.

Toutefois, les assureurs sont encouragés à respecter dans la mesure possible les principes et les attentes de la ligne directrice à compter de la date des présentes.

  • Le surintendant auxiliaire,
  • Secteur de la réglementation,
  • Mark Zelmer

Annexe – Ligne directrice E-15 – Sommaire des commentaires issus des consultations et réponses du BSIF

Commentaires du secteur Réponse du BSIF

Des questions ont été soulevées au sujet de la nouvelle méthodologie établie par le BSIF pour évaluer la fonction actuarielle des sociétés d’assurances et de son lien avec l’examen par des pairs. D’autres questions ont porté sur le rôle de la Division de l’actuariat du BSIF par rapport à celui que l’on propose de confier à l’examinateur. Les observateurs ne comprenaient pas toujours en quoi cela rejoint le rôle didactique de l’examen par des pairs.

La description des objectifs du BSIF a été clarifiée. Le BSIF s’inquiète surtout de la sûreté et de la solidité des sociétés d’assurances. À son avis, la ligne directrice révisée sur l’examen par des pairs vise avant tout à l’aider à évaluer la sûreté et la solidité de l’assureur, de même que le rôle de la fonction actuarielle de l’assureur au sein de la société. Ce but n’était pas clairement énoncé dans la version précédente de la ligne directrice.

L’examen par des pairs continue d’avoir pour autre objectif de fournir des conseils indépendants à l’actuaire désigné et de contribuer à sa formation.

Selon plusieurs observateurs, les auditeurs externes exécutent déjà une bonne partie des travaux dont le BSIF s’attend à ce que l’examinateur se charge, ce qui occasionne des efforts redondants et engendre des coûts. Ils soulignent que les équipes d’audit comprennent des spécialistes en actuariat et que les auditeurs veillent à ce que les hypothèses d’évaluation respectent les normes.

Selon les normes de l’Institut Canadien des Comptables Agréés, l’objectif général de l’auditeur est d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur ensemble ne comportent pas d’anomalies significatives résultant de fraudes ou d’erreurs.

Par contre, l’objectif du BSIF et la portée de l’examen par des pairs consistent à évaluer la sûreté et la solidité des assureurs en passant en revue de façon plus détaillée les travaux de l’actuaire désigné à l’égard des états financiers. Le BSIF est d’avis que chacune des hypothèses utilisées devrait être raisonnable en soi, conformément aux normes actuarielles reconnues, et que la méthodologie devrait convenir à chaque modèle d’évaluation.

Le BSIF ne souhaite pas que l’examen par des pairs répète les travaux de l’auditeur. Par exemple, l’examinateur n’est tenu de reprendre aucun calcul détaillé puisque cela relève de l’audit.

Certains observateurs remettent en question la préférence que donne la ligne directrice à l’indépendance de l’examinateur par rapport à l’auditeur externe. On souligne que le cabinet d’audit est indépendant et que ses actuaires ont les compétences requises pour agir en qualité d’examinateur. En outre, le recours à l’actuaire du cabinet d’audit serait moins coûteux et fastidieux pour la société d’assurances.

Le BSIF convient qu’un actuaire travaillant pour un cabinet d’audit externe est suffisamment indépendant pour être un examinateur. Le libellé de la ligne directrice a été modifié pour indiquer clairement que le recours à l’actuaire du cabinet d’audit externe peut convenir aux sociétés de plus petite taille et moins complexes.

Cela dit, le BSIF s’attend à ce que les grandes sociétés complexes fassent appel à un examinateur qui ne fait pas partie de leur cabinet d’audit externe. Tout en reconnaissant l’indépendance des cabinets d’audit externes, le BSIF est d’avis qu’un examen distinct et indépendant par des pairs est souhaitable pour donner plus de perspective aux grandes sociétés complexes.

Plusieurs observateurs s’interrogent sur l’utilité du volet didactique de l’examen par des pairs, surtout dans le cas des sociétés dont les ressources internes sont plus vastes que celles de la plupart des examinateurs.

S’il est vrai que les grandes sociétés disposent de vastes ressources, le BSIF estime qu’il est utile pour l’actuaire désigné d’une grande société de recevoir des conseils indépendants de la part d’un tiers. Les sociétés de plus petite taille utiliseront davantage les conseils de l’examinateur au sujet des pratiques acceptées par le secteur et des façons d’améliorer leurs travaux. Du reste, l’examen par des pairs n’est pas la seule source de perfectionnement professionnel à la disposition de l’actuaire désigné.

Plusieurs observateurs ont émis des réserves au sujet du moment de l’examen par des pairs lorsque celui-ci précède le dépôt du rapport de l’actuaire désigné. Ce dernier document n’est habituellement pas établi selon le même calendrier que les relevés de type VIE-1.

La rubrique pertinente de la ligne directrice a été modifiée pour tenir compte de ce problème. On y reconnaît maintenant qu’il peut y avoir plus d’un rapport d’examen par des pairs. Par exemple, un rapport distinct sur le contenu du rapport de l’actuaire désigné peut être déposé après le rapport d’examen par des pairs portant sur l’évaluation des états financiers.

Certains observateurs estiment que les exigences de l’examen par des pairs devraient varier selon la société et reposer sur la taille et le profil de risque de cette dernière. D’aucuns ont aussi suggéré que si l’actuaire désigné est un actuaire-conseil externe, un examen additionnel par des pairs ne devrait pas être requis.

Le BSIF est d’avis que les exigences de base à l’égard de l’examen par des pairs devraient être les mêmes pour toutes les sociétés. L’examinateur est censé tenir compte de l’importance relative et de la situation de la société pour déterminer l’ampleur des travaux à effectuer. Même si l’actuaire désigné est un expert-conseil externe, un examen par des pairs demeure nécessaire.

D’après certains observateurs, il faudrait donner plus de consignes au sujet du niveau d’importance relative à appliquer à l’examen par des pairs, surtout en marge de l’examen annuel obligatoire des changements importants des méthodes et des hypothèses d’évaluation.

La ligne directrice renferme une nouvelle rubrique sur l’importance relative. Des exemples de ce qui constitue un changement important de l’évaluation du passif des polices ont été ajoutés pour plus de clarté.

La ligne directrice ne quantifie pas l’importance relative, mais elle prend appui sur le jugement professionnel de l’actuaire désigné et de l’examinateur dans les circonstances. Selon les normes de pratique de l’Institut canadien des actuaires, l’importance relative doit être jugée dans l’optique du principal utilisateur des travaux. Les attentes du BSIF s’appliquent à un niveau plus détaillé que l’optique de l’auditeur externe à l’égard de l’importance relative. La ligne directrice stipule donc que l’importance relative devrait être adaptée à la branche d’activité qui fait l’objet des hypothèses.

La version provisoire de la ligne directrice stipulait que l’examen par des pairs devrait notamment porter sur le processus de simulation de crise employé par la société (ligne directrice E-18) et sur l’évaluation interne des risques et de la solvabilité (Own Risk and Solvency Assessment ou ORSA). D’après certains observateurs, ces deux questions ne relèvent pas de l’actuaire désigné puisqu’elles ne font l’objet d’aucune norme professionnelle.

Le BSIF se range à cette suggestion : les mentions de la ligne directrice E-18 et de l’ORSA ont été supprimées. Il continue de s’attendre à ce que l’examinateur évalue l’EDSC.

Certains observateurs étaient inquiets du fait que la ligne directrice semblait exiger un examen complet de l’EDSC chaque année, ce qu’ils jugeaient excessif.

Ce n’était pas le but de la ligne directrice. Le libellé a été modifié pour indiquer clairement que l’EDSC ne devrait faire l’objet d’un examen complet que tous les trois ans. L’examen annuel ne devrait être qu’un exercice sommaire effectué avec l’actuaire désigné et ne devrait porter que sur la justification des scénarios à employer, et non sur la méthode de production des résultats de ces scénarios.

Certains observateurs ont exprimé des réserves à propos du passage selon lequel le rapport d’examen par des pairs devrait renfermer un sommaire des discussions entre l’examinateur et l’actuaire désigné et faire état du règlement de tout désaccord. Ils estimaient que les discussions pourraient être fragmentaires s’il fallait en rendre compte au BSIF.

Cette observation est juste puisque l’examen par des pairs vise à fournir des conseils indépendants à l’actuaire désigné. L’obligation de discuter de tout désaccord a donc été supprimée.

Les observateurs ont suggéré de nombreux autres petits changements du libellé de certains passages précis.

Bon nombre de ces suggestions étaient très utiles et ont été intégrées à la version révisée de la ligne directrice.