Annonce de 2020 concernant la réserve pour stabilité intérieure (RSI) – Déclaration liminaire du BSIF

Le BSIF a annoncé aujourd’hui que la réserve pour stabilité intérieure (RSI) demeurera à 1 % du total des actifs pondérés en fonction du risque, soit le niveau auquel elle avait été fixée le 13 mars et maintenue en juin.

La RSI est l’une des réserves de fonds propres que les banques d’importance systémique intérieure (BISi) ont en place pour se prémunir contre les risques. La nature contracyclique de la RSI exige des banques qu’elles accumulent des fonds propres lorsque les conditions sont favorables pour qu’elles puissent puiser dans cette réserve en période de tension économique.

Au début de la pandémie, le Canada disposait de l’une des plus importantes réserves du genre au monde.

Les facteurs de vulnérabilité sont élevés, mais ils demeurent stables

En prenant la décision qu’il annonce aujourd’hui, le BSIF a examiné de près un certain nombre de vulnérabilités et de risques qui guettent le système bancaire.

Depuis l’annonce de juin du BSIF sur la RSI, les risques liés à la pandémie de COVID ont persisté. Parallèlement, des actions telles que les mesures stratégiques du gouvernement, les programmes de report de remboursement des prêts et les mesures visant à soutenir la résilience des institutions financières ont atténué leurs répercussions sur le secteur financier.

Ces mesures ont contribué à la stabilisation du marché et à la reprise économique observées tout au long de l’été et pendant l’automne.

Bien que l’économie canadienne ait montré des signes encourageants de reprise, les progrès ont été inégaux d’un secteur à l’autre. Par conséquent, nous continuons de surveiller plusieurs facteurs clés de vulnérabilité, notamment l’endettement des ménages et des sociétés au Canada, ainsi que le déséquilibre des actifs.

Ces facteurs de vulnérabilité demeurent élevés, mais ils sont actuellement stables.

À l’extérieur du Canada, nous constatons également que l’incertitude des perspectives économiques mondiales demeure grande et, par conséquent, nous continuons de surveiller le potentiel de débordement des risques externes et des facteurs de vulnérabilité sur le système financier canadien.

À 1 %, le niveau actuel de la RSI demeure efficace et à propos

Le niveau actuel de la réserve pour stabilité intérieure de 1 % continue de contribuer à la résilience du système bancaire en permettant aux banques d’absorber les pertes tout en continuant de consentir des prêts et d’offrir des services aux sociétés et aux ménages canadiens solvables.

La réduction de la RSI annoncée en mars a eu pour effet de clairement signaler aux banques et aux participants du marché qu’un recul mesuré des ratios de fonds propres serait une réponse appropriée et prudente à la détérioration de l’économie.

Suivant la réduction de la RSI, les ratios de fonds propres des banques ont diminué au deuxième trimestre. Les provisions ont augmenté, comme prévu en vertu de la nouvelle norme comptable IFRS 9, reflétant ainsi le changement des perspectives économiques. Parallèlement, les prêts ont augmenté pour soutenir les emprunteurs.

Il s’agissait là d’un très bon exemple du fonctionnement attendu du régime de fonds propres en période de ralentissement, où le système bancaire est capable d’absorber les chocs plutôt que de les amplifier.

En abaissant la réserve en mars, le BSIF s’est également engagé à ce qu’aucune augmentation n’entre en vigueur pendant au moins 18 mois, soit jusqu’en septembre 2021, afin que les banques aient amplement de temps pour rétablir leurs réserves.

Plus récemment, les ratios de fonds propres des banques canadiennes ont affiché une tendance à la hausse, et le revenu net avant provision a bien résisté.

Dans ce contexte le niveau actuel de 1 % de la RSI demeure efficace et à propos.

Les banques canadiennes font preuve de résilience et elles sont prêtes à affronter l’incertitude à venir

Les derniers mois ont clairement démontré que le système bancaire canadien était bien préparé à cette crise.

Les banques canadiennes ont fait preuve de résilience pendant la pandémie et elles ont continué d’accorder des prêts afin de soutenir les emprunteurs, tout en maintenant des niveaux robustes de fonds propres.

Un système bancaire bien capitalisé est essentiel à la stabilité financière, car il contribue à amortir les chocs financiers, plutôt qu’à les amplifier. Un tel système est bien positionné face à des perspectives incertaines ou à un ralentissement marqué de l’économie.

Actuellement, les niveaux de fonds propres des BISi canadiennes sont plus élevés qu’avant la pandémie. Ceci constitue une bonne nouvelle, car si l’économie devait se détériorer, le système bancaire dispose d’un bon niveau de fonds propres disponibles pour lui permettre de continuer à jouer son rôle d’amortisseur de chocs.

Le BSIF est disposé à abaisser de nouveau la RSI si la situation l’exige

Pour ce qui est de l’avenir, les nouvelles récentes à propos des vaccins contre la COVID‑19 sont encourageantes. Néanmoins, le BSIF continue de surveiller l’environnement de près, à la lumière de l’incertitude persistante entourant la gravité de la deuxième vague de la pandémie ainsi que la possibilité d’une reprise lente et inégale.

Au BSIF, nous sommes prêts à réagir rapidement et à abaisser de nouveau la RSI si nous constatons des signes indiquant que des risques sont réapparus.

Le BSIF demeure résolu à établir le niveau de la RSI de façon aussi transparente que possible afin que son fonctionnement soit bien compris. Ce faisant, nous nous attendons à ce que toute décision de réduire les réserves ou de les utiliser au besoin soit considérée comme une mesure de stabilisation dans le cours normal des choses, et constitue un signe de l’efficacité et du bon fonctionnement du régime de fonds propres.