Mot de bienvenue du surintendant auxiliaire, Jamey Hubbs, préparé pour la webémission du BSIF sur la gestion du risque à l’intention des petites et moyennes banques (PMB), Toronto, Ontario, 29 mars 2021

Mot de bienvenue

Merci beaucoup, Brigitte. Et merci à tous de vous joindre à nous aujourd’hui. Je vais parler très brièvement pour nous permettre de faire le tour de tous les exposés et de répondre aux questions.

Notre dernière webémission sur la gestion du risque à l’intention des petites et moyennes banques (PMB) a eu lieu en janvier 2020, soit quelques mois avant que la pandémie de COVID-19 vienne bousculer nos vies, au bureau et à la maison. L’année que nous venons de passer a été extrêmement difficile, et la pandémie a certainement mis la résilience des institutions financières canadiennes à rude épreuve.

Dans le contexte de la pandémie, les PMB canadiennes ont joué un rôle essentiel sur le plan de la résilience du secteur financier et des communautés. Elles ont collaboré étroitement avec le secteur, sur le terrain, pour venir en aide aux ménages, notamment en octroyant des prêts, en en reportant le remboursement ou en prodiguant des conseils.

Au début de la pandémie, les banques étaient dans une bonne position financière en ce qui concerne les fonds propres et les liquidités. Cependant, à mesure que la pandémie prenait de l’ampleur, il était évident qu’elles devaient améliorer leur résilience opérationnelle et stimuler les niveaux de fonds propres et de liquidités.

Jusqu’à présent, les banques ont su gérer leurs risques et se sont adaptées efficacement dans des conditions de pression extrême. Elles s’étaient préparées en élaborant des plans de continuité des activités, ce qui leur a permis de continuer de fournir leurs services essentiels sans interruption.

Les banques ont également géré efficacement leurs programmes de report de remboursement de prêts, et ce, jusqu’à l’automne de 2020 et « l’effet d’escalade » que l’on craignait quant à ces reports ne s’est jamais concrétisé. De plus, la crise de liquidités que l’on craignait également ne s’est pas produite; en fait, les niveaux de liquidité des banques ont plutôt augmenté au cours de l’année 2020.

Les préparations prudentielles, ainsi que les mesures extraordinaires que le gouvernement du Canada a mises en place pour appuyer l’économie et les marchés financiers, ont contribué à éviter que cette période difficile mine la confiance des Canadiens envers leur système financier.

Il est clair que les banques ont bien réagi, mais l’environnement dans lequel nous serons appelés à évoluer s’est complexifié.

Avant de continuer, faisons une courte récapitulation des événements qui se sont produits.

L’an dernier à pareille date, nous évoluions dans un environnement volatile et sans précédent. Le secteur financier devait composer en même temps avec deux événements d’une ampleur mondiale : une pandémie et une guerre des prix du pétrole.

À l’apogée de la pandémie, le BSIF a agi promptement en recentrant ses efforts pour appuyer la capacité opérationnelle et la résilience des institutions financières; il a notamment mis en place des mesures réglementaires provisoires et suspendu ses travaux d’élaboration de politiques et ses exercices de consultation pour laisser le temps aux institutions de s’ajuster à ce nouvel environnement.

Au fil du temps, le secteur financier et le BSIF ont pris la mesure de cette nouvelle réalité. Le Bureau a graduellement et prudemment recommencé ses travaux d’élaboration de politiques et, lorsque nécessaire, allégé certaines des mesures en place. Certaines d’entre elles sont toujours en vigueur et le Bureau évalue régulièrement leur pertinence. Le Bureau espère qu’au fur et à mesure que la situation se stabilisera, il pourra bientôt, graduellement, lever plus de mesures et vous fournir plus de renseignements à ce sujet.

Un peu plus d’un an après le premier confinement, la pandémie de COVID-19 continue d’avoir des répercussions concrètes sur nos vies et sur l’économie. Bien que la vaccination de masse et l’amélioration des perspectives économiques apportent un vent d’espoir, nous ne devons pas baisser la garde.

Nous ne connaissons pas la trajectoire exacte de la pandémie ni ses effets résiduels. Jusqu’à présent, l’appui du gouvernement a été crucial pour assurer la stabilité des ménages, des entreprises et de l’économie, mais combien de temps cela va-t-il durer? Qu’arrivera-t-il lorsque ces mesures cesseront graduellement? Ces questions que nous nous posons sont importantes, autant pour le BSIF que pour les banques.

Devant un avenir incertain, il est important de se préparer. Les banques doivent demeurer proactives et conscientes des risques. Elles doivent examiner leur profil de risque à la lumière de la pandémie et tenir compte de plusieurs scénarios (ainsi que leurs interdépendances individuelles).

Il est également important de noter qu’aucun des enjeux liés aux risques qui nous préoccupaient avant la pandémie ne s’est volatilisé; c’est pourquoi ce travail continue. Nous devons porter une attention particulière aux risques technologiques et climatiques. Ce n’est pas par hasard que nous avons mené deux études sur ces sujets aussitôt que nous avons terminé les consultations en 2020.

La pandémie de COVID-19, cette menace pour la santé publique, a modifié notre environnement physique. Ainsi, nous sommes maintenant encore plus dépendants de la technologie, ce qui augmente les risques technologiques. Les banques se sont bien adaptées à leur environnement numérique, mais elles doivent désormais redoubler de vigilance pour parer aux menaces liées à la protection des données et aux faiblesses de cet environnement.

En ce qui concerne les risques climatiques, nous avons consacré plus d’efforts à mieux comprendre leurs répercussions prudentielles sur le secteur financier et à nous y préparer. Par exemple, nous avons mis en place un projet pilote d’analyse de scénario, de concert avec la Banque du Canada et des institutions financières canadiennes, afin de nous aider à mieux comprendre le risque associé à une transition vers une économie à faible émission de gaz à effet de serre.

La pandémie a mis en lumière de nouveaux risques et ajouté aux préoccupations liées aux risques existants; tout cela doit faire l’objet d’une attention accrue et de mesures appropriées. Les conférenciers d’aujourd’hui pourront vous éclairer sur les mesures prévues et répondre à vos questions.

Merci. Je cède la parole à Brigitte qui va présenter les premiers invités.