Incidence de la conjoncture économique sur les régimes de retraite à prestations déterminées

Propriétés du document

  • Type de publication : Lettre
  • Date : Le 10 décembre 2008
  • Destinataires : Administrateurs de régimes de retraite à prestations déterminées fédéraux

Le récent ralentissement de l’économie et la constante fluctuation des marchés rappellent expressément l’importance de se préparer aux coups de barre et aux incidents de parcours. Dans le numéro 29 du Point sur les pensions, paru en juin, nous traitions en ces termes de l’incidence d’une éventuelle détérioration de la conjoncture économique sur les régimes de retraite : « Il est impératif, selon nous, que chaque administrateur comprenne clairement sa tolérance aux risques. Nous incitons les administrateurs à procéder à une simulation de crise afin de recenser les éventuelles expositions […] et à prendre des mesures pour gérer ces risques de manière prudente dans le but de protéger les prestations de retraite. »

Aux termes de son cadre de surveillance axé sur le risque, le BSIF étudie nombre de facteurs susceptibles d’avoir une incidence sur les régimes de retraite fédéraux. L’un des instruments qu’il utilise à cette fin est le test du ratio de solvabilité estimatif, ou RSE, qu’il effectue deux fois l’an. Au 30 juin dernier, les résultats de ce test indiquaient une détérioration du ratio de solvabilité moyen des régimes de retraite fédéraux, qui se chiffrait alors à 0,98. Or, on sait que depuis l’été dernier, les marchés financiers ont connu un fort recul. Si ces conditions se maintiennent, on peut s’attendre à une diminution considérable de la valeur totale des actifs de nombreux régimes de retraite d’ici la fin de l’année.

Dans ce contexte, il est essentiel que les répondants et les administrateurs considèrent avec soin les conséquences du ralentissement économique sur leurs régimes de retraite. Bien qu’ils doivent attendre la fin de l’exercice pour connaître les valeurs du marché servant à évaluer leur solvabilité, les régimes devraient dès maintenant tenir compte des facteurs suivants.

  • Cotisations en 2009 – les mesures d’allègement de capitalisation du déficit de solvabilité récemment annoncées par le gouvernement fédéral accorderaient plus de temps aux régimes de retraite en difficulté pour éponger un déficit. Malgré cela, il faut savoir qu’en 2009, les cotisations exigibles pourraient être considérablement plus élevées qu’en 2008.

    Tout régime à cotisations négociées et à prestations déterminées qui craint que les cotisations négociées ne suffisent pas à satisfaire ses exigences minimales de capitalisation en 2009 devrait élaborer un plan pour remédier à la situation et le transmettre au BSIF dans les meilleurs délais.

  • Les pressions exercées sur les liquidités de la caisse de retraite, par exemple, le versement des prestations, pourraient forcer le régime à se départir d’éléments d’actif dépréciés.

  • Les répondants qui ont provisoirement cessé de cotiser au régime doivent se demander s’il convient de poursuivre dans cette voie à la lumière des projections de solvabilité.

Comme nous l’avons mentionné au début, les répondants et les administrateurs de régimes de retraite doivent se préparer aux conséquences du ralentissement de l’économie. Ils doivent également continuer d’envisager des scénarios à long terme, y compris la possibilité que l’économie demeure au ralenti pendant quelque temps, et prévoir des mesures correspondant à leur niveau de tolérance au risque. Nous encourageons vivement les répondants et administrateurs de régimes de retraite à avoir recours aux simulations de crise en tant qu’outil de gestion du risque.

Le gestionnaire des relations qui est chargé de votre dossier au BSIF peut vous conseiller. N’hésitez pas à communiquer avec lui pour discuter de la situation de votre régime de retraite.

  • Julie Dickson
  • Surintendante des institutions financières