Allocution d'ouverture de la surintendante adjointe Radiskovic au Forum de l’Institut Northwind

Discours -

L’allocution prononcée fait foi

Merci, c’est un plaisir d’être ici.

Ce panel « Faire face aux perturbations, ou comment bâtir l’avenir des services financiers » est on ne peut plus d’actualité! De fait, nous exerçons nos activités dans un environnement où les risques évoluent rapidement, parallèlement aux nouvelles technologies, aux nouveaux modèles d’affaires et à des attentes en mutation.

Je vais m’appuyer aujourd’hui sur les remarques formulées par le surintendant plus tôt cette semaine, notamment celles concernant la manière dont le BSIF adapte son approche à cet environnement plus complexe et en pleine évolution.

Ces 12 derniers mois, nous avons pris le temps de la réflexion et avons examiné notre programme de réglementation et de surveillance dans sa globalité.

Ce travail s’est traduit par le retrait de 52 documents et plus de 600 pages d’information redondante, obsolète ou superflue de notre répertoire de consignes.

En outre, après mûre réflexion, nous avons pris la décision de réorienter nos priorités non financières à court terme et de les limiter à 2 grands dossiers : la gestion du risque de crédit et la responsabilisation des cadres dirigeants. Nous travaillons également sur les révisions clés à apporter à nos lignes directrices sur les fonds propres et la liquidité, dont je vais vous parler sous peu.

Cette décision fait écho à ce que nous observons dans l’environnement de risque, y compris les priorités indiquées dans notre Regard annuel sur le risque :

  • Prêts garantis par un bien immobilier (prêts RESL)
  • Institutions financières non bancaires (IFNB)
  • Financement et liquidité

Par ailleurs, le risque de crédit demeure un risque central, surtout dans un contexte où les conditions macroéconomiques évoluent et où l’on observe des poches de vulnérabilité.

Parallèlement, force est de constater que la gouvernance et la responsabilisation sont des éléments fondamentaux. Au bout du compte, la solidité des cadres dépend de la manière dont les décisions sont prises et de la façon dont le risque est assumé et remis en question.

Nous avons également pris bonne note des retours du secteur sur le fait que le rythme et le volume des changements devaient être gérables.

Il n’était donc pas seulement question de hiérarchisation des priorités, mais aussi d’ordonnancement et de réactivité.

Nous avons pris la décision réfléchie de différer ou de limiter d’autres mesures pour nous concentrer sur les mesures qui ont le plus d’importance.

Cette hiérarchisation permet aux institutions de gérer le risque de manière plus efficace, de s’adapter aux nouvelles menaces et de répondre avec agilité à l’incertitude mondiale.

En parallèle, nous ajustons les exigences de fonds propres lorsque des éléments probants le justifient afin de garantir que le système financier du Canada puisse s’adapter à notre nouvelle réalité.

Il peut s’agir d’ajustements ciblés pour améliorer la sensibilité au risque et l’efficacité des fonds propres. Je pense ici par exemple aux révisions que nous proposons d’apporter à la ligne directrice Normes de fonds propres (NFP) afin d’abaisser les exigences de fonds propres applicables aux expositions sur PME et à d’autres expositions commerciales.

Conformément à cette approche, nous avons récemment réduit les exigences de capital applicables aux placements dans des infrastructures nationales des assureurs multirisques, que nous considérons comme présentant un risque plus faible.

L’objectif n’est pas d’assouplir les normes, mais bien de s’assurer que les exigences de fonds propres sont adaptées au risque et soutiennent le financement de l’économie et la croissance à long terme.

Dans le même temps, nous assistons à des avancées rapides dans des domaines comme l’intelligence artificielle (IA) et la numérisation plus large des services financiers.

Ces évolutions offrent des possibilités manifestes, mais présentent aussi de nouveaux risques, en particulier au chapitre de la gouvernance, de l’utilisation des modèles et de la supervision.

Dans ce domaine, nous adoptons une approche mesurée : approfondir notre compréhension, collaborer avec le secteur et veiller à ce que l’adoption de ces outils s’accompagne d’une bonne gestion du risque et d’une responsabilisation claire.

De manière plus générale, nous accordons aussi plus d’importance aux risques liés à l’intégrité et à la sécurité, car nous sommes conscients que des menaces comme la fraude, le cyberrisque et l’ingérence étrangère peuvent se répercuter directement sur la confiance dans les institutions et le système dans son ensemble.

Le fil conducteur entre tous ces points est la volonté d’adopter une approche plus ciblée, fondée sur le risque et adaptable.

Une approche qui maintient de solides garde-fous, tout en restant réactive à l’évolution du système financier.

Je me réjouis maintenant à l’idée d’échanger avec vous!