Peter Routledge participe à un entretien informel lors du Tech Festival 2026
Discours - Toronto -
L'allocution prononcée fait foi
Animatrice :
Manière dont l’IA agentive et l’IA de pointe ont transformé le paysage du risque pour les institutions financières canadiennes
Surintendant – Peter Routledge :
- Quelques mots sur le point de vue du BSIF : En tant qu’organisme de réglementation prudentielle du Canada, nous ne cherchons pas à déterminer si une technologie est bonne ou mauvaise, mais plutôt à savoir si les institutions comprennent bien les risques, disposent de mécanismes de contrôle adéquats et peuvent rester résilientes si ces risques devaient se matérialiser.
- L’IA de pointe accélère le risque. C’est d’ailleurs l’un des risques prépondérants mis en évidence dans la mise à jour semestrielle du Regard annuel sur le risque. À cela s’ajoute l’IA agentive qui apporte une dimension d’échelle et d’automatisation, grâce notamment à des systèmes capables d’agir avec très peu de supervision humaine.
- Au vu de cette évolution, nous avons publié des bulletins sur le risque lié aux technologies portant sur l’IA de pointe et l’IA générative et agentive afin d’attirer l’attention sur les risques émergents et les bonnes pratiques.
- Par ailleurs, nous adhérons aux saines pratiques définies par le Conseil de stabilité financière (CSF) pour assurer une gestion responsable de l’IA. Ces pratiques encouragent l’adoption de pratiques rigoureuses en matière de gouvernance, de supervision et de gestion du risque en vue d’une adoption responsable de l’IA.
Animatrice :
Tandis que les institutions financières intègrent de plus en plus l’IA à leurs activités, comment le BSIF parvient-il à trouver le juste équilibre entre le renforcement de la résilience face aux risques technologiques émergents et la création d’un environnement propice à l’innovation?
Surintendant – Peter Routledge :
- Nous soutenons l’innovation dans le périmètre du système financier réglementé du Canada, au sein duquel de nouvelles entreprises de technologies financières peuvent faire leur entrée et se développer en étant soumises à un encadrement prudentiel adéquat.
- Par ailleurs, nous ajustons l’énoncé de notre propension à prendre des risques de manière à tenir compte de l’évolution de l’environnement de risque et des compromis auxquels le système financier est confronté.
- Les institutions qui placent la résilience et la responsabilisation au cœur de leur démarche d’adoption de l’IA seront en meilleure position pour en tirer parti.
- Au BSIF, nous adoptons une approche proportionnelle axée sur le risque et fondée sur des principes à l’égard de l’adoption responsable de l’IA. Nos lignes directrices en vigueur établissent des attentes qui s’appliquent à l’adoption et à l’utilisation de l’IA. Compte tenu de la rapidité avec laquelle la technologie évolue, notre approche est pragmatique et adaptable, et privilégie les résultats plutôt que l’imposition de règles pour chaque nouvelle avancée ou innovation.
- Dans cette optique, notre Cadre d’approbation simplifié permet aux nouvelles entités admissibles (les entreprises de technologies financières), notamment celles offrant des modèles bancaires récents ou innovants, de bénéficier d’une démarche plus rapide, plus claire et plus prévisible pour devenir des institutions financières fédérales. Le Cadre facilite la tenue d’échanges en amont avec le BSIF et permet aux institutions d’entrer sur le marché et de se développer en étant continuellement assujetties à un encadrement prudentiel rigoureux, ce qui peut favoriser une concurrence accrue et une innovation responsable.
- Bien que l’IA suscite un enthousiasme et des investissements considérables, nous nous concentrons sur l’utilité à long terme de cette technologie et sur la capacité des institutions à gérer les risques associés à son adoption.
Animatrice :
Risque de concentration lié à l’IA et dépendance à l’égard de fournisseurs de technologies mondiaux
Surintendant – Peter Routledge :
- L’IA peut accroître le risque de concentration en raison de la dépendance à l’égard de modèles, de données et de fournisseurs de technologie tiers communs. Les institutions doivent comprendre ces dépendances, leur importance et la manière dont elles pourraient influer sur leur résilience.
- Lorsque plusieurs institutions ont recours aux mêmes fournisseurs essentiels, les risques peuvent avoir des répercussions systémiques plus larges.
- Les institutions demeurent responsables de la gestion de ces dépendances, notamment au moyen d’une gouvernance efficace et de plans d’urgence éprouvés.
Animatrice :
Ce que les conseils d’administration et les hauts dirigeants devraient faire dès maintenant
Surintendant – Peter Routledge :
- Le message à l’intention des conseils d’administration et des hauts dirigeants est le suivant : une gouvernance solide, une responsabilisation claire, une cyberhygiène efficace et une gestion rigoureuse et prospective du risque lié aux technologies demeurent les fondements de la résilience d’une institution.
- Les conseils d’administration et les hauts dirigeants doivent être au fait des utilisations importantes de l’IA au sein de l’institution et comprendre leur incidence sur le profil de risque, les activités et les mécanismes de contrôle.
- Les institutions doivent aligner leur stratégie en matière d’IA sur leur propension à prendre des risques, maintenir une responsabilisation claire et assurer une supervision efficace.
- Les conseils d’administration doivent avoir une compréhension suffisante pour pouvoir poser les bonnes questions, remettre en doute les décisions de la direction et déterminer si les mécanismes de contrôle demeurent adaptés à l’évolution de l’IA.
- Les conseils d’administration et les hauts dirigeants devraient considérer la résilience opérationnelle comme un avantage concurrentiel. Les institutions qui gèrent efficacement le risque lié aux technologies, le cyberrisque et le risque opérationnel seront mieux placées pour faire face à la concurrence à mesure que l’IA et l’environnement technologique évoluent.
Animatrice :
Documents publiés par le BSIF sur le risque lié aux technologies, et application de ces documents
Surintendant – Peter Routledge :
- Nos lignes directrices en vigueur comprennent des volets qui touchent à l’IA, notamment celles sur le risque lié aux technologies, le cyberrisque, le risque lié aux tiers, la résilience opérationnelle, le risque de modélisation et la gouvernance d’entreprise.
- Nous avons également publié des bulletins sur le risque lié aux technologies portant sur l’IA de pointe et l’IA générative et agentive. Ils mettent en lumière les risques émergents et les bonnes pratiques, conformément à nos lignes directrices en vigueur.
- Sur la scène internationale, nous avons collaboré à l’élaboration du document Sound Practices for Responsible Adoption of Artificial Intelligence (en anglais seulement) du CSF, et publié une déclaration à ce sujet : Déclaration du BSIF sur la publication par le Conseil de stabilité financière de saines pratiques à observer pour assurer une adoption responsable de l’intelligence artificielle.
- Depuis 2022, nous collaborons avec le Global Risk Institute (institut du risque mondial) dans le cadre du Forum sur l’intelligence artificielle dans le secteur des services financiers, qui réunit des universitaires ainsi que des représentants sectoriels et gouvernementaux afin de mieux comprendre les possibilités et les risques découlant de l’IA ainsi que les outils permettant une gestion efficace du risque.
Animatrice :
Rôle du BSIF dans les approches nationales et internationales en matière d’IA responsable
Surintendant – Peter Routledge :
- Le système financier du Canada doit être à la fois résilient et dynamique. La réglementation prudentielle doit créer les conditions qui permettent aux institutions d’innover, d’être compétitives et de soutenir la croissance économique, tout en gérant les risques découlant de la transformation technologique et de l’IA.
- Au Canada, nous avons collaboré avec des partenaires des secteurs public et privé dans le cadre de projets comme le Forum sur l’intelligence artificielle dans le secteur des services financiers afin de mieux comprendre les risques et les possibilités liés à l’IA. Nous participons également au Groupe sur la résilience du secteur financier canadien (GRSFC), un partenariat public-privé dirigé par la Banque du Canada qui permet d’échanger de l’information et de collaborer sur des incidents et des sujets comme l’IA de pointe.
- En juin, nous avons coorganisé, avec le Centre canadien pour la cybersécurité, une séance d’information sectorielle sur l’IA de pointe, au cours de laquelle le Centre a présenté des outils, des services et des ressources qui peuvent aider les institutions à se préparer aux cybermenaces émergentes alimentées par l’IA.
- Sur la scène internationale, nous collaborons avec le CSF, le groupe d’experts en cybersécurité du G-7, le Comité de Bâle et d’autres organismes de réglementation pour échanger des renseignements et des pratiques exemplaires.