Peter Routledge, surintendant du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), annonce le taux de la réserve pour stabilité intérieure (RSI)
Discours - Virtuel -
Le texte prononcé fait foi
Bonjour et bienvenue à cette annonce de juin 2026 sur le taux de la réserve pour stabilité intérieure (ou RSI dans sa forme abrégée).
Je m’adresse à vous aujourd’hui à Ottawa, sur les terres ancestrales qui ont longtemps été un lieu de rassemblement des peuples autochtones, y compris la nation algonquine Anishinaabeg, gardienne traditionnelle de ces terres. Je suis reconnaissant de me trouver sur ce territoire.
La RSI est une réserve de fonds propres qui permet aux 6 banques d’importance systémique intérieure du Canada, qu’on appelle les BISi, d’éponger les pertes et de continuer à consentir des prêts aux ménages et aux entreprises en période d’incertitude économique.
Aujourd’hui, nous prenons des mesures prudentes et proactives en appui à l’économie et à la croissance à long terme du Canada.
Nous abaissons le taux de la réserve pour stabilité intérieure de 3,5 % à 3,0 % du total des actifs pondérés en fonction du risque. Il s’agit de la première modification relativement à la RSI depuis juin 2023, et le nouveau taux entre en vigueur immédiatement.
Nous ramenons aussi la fourchette de la réserve pour stabilité intérieure à 0 à 3 % (elle était de 0 à 4 % auparavant).
Ensemble, ces mesures accordent aux grandes banques canadiennes une plus grande marge de manœuvre dans l’utilisation de leurs fonds propres, en vue de soutenir l’économie.
Nous nous attendons donc à ce qu’elles mobilisent les fonds propres ainsi dégagés de façon responsable, y compris pour élargir leur offre de services financiers aux ménages et entreprises au Canada, à mesure que l’économie s’adapte à l’évolution du paysage technologique, commercial et géopolitique.
Les 6 grandes banques canadiennes continuent de générer de bons résultats et d’afficher de solides niveaux de fonds propres.
Leur ratio de fonds propres de catégorie 1 sous forme d’actions ordinaires est largement supérieur au taux de 11,0 % attendu par le BSIF, et le taux moyen à l’échelle du secteur s’établit à 13,5 %.
Ce coussin non négligeable de fonds propres correspond à environ 74 milliards de dollars, soit une hausse de la valeur des APR qui s’élève désormais à 673 milliards de dollars.
Autrement dit, les grandes banques canadiennes sont en mesure d’élargir en toute sécurité leur prise de risque au Canada et d’adapter leur modèle d’affaires pour saisir les occasions émergentes d’investissements à l’échelle nationale dans des domaines comme la défense, l’infrastructure, les ressources et les technologies de pointe. Ces occasions découlent de la transformation des politiques commerciales, de l’évolution des tensions politiques et des innovations dans le système financier axées sur la numérisation et l’intelligence artificielle.
En outre, le BSIF réitère que la réserve de fonds propres restante, maintenant que le taux de la RSI est établi à 3 %, suffit pour absorber les pertes qui pourraient résulter d’une éventuelle matérialisation de diverses vulnérabilités du point de vue prudentiel.
À l’instar de nos autres décisions relativement à la RSI, l’annonce d’aujourd’hui cadre avec notre approche proactive fondée sur le risque à l’égard de la gestion des réserves de fonds propres.
Lorsque nous ajustons les paramètres de la RSI, nous tenons compte à la fois des avantages pour la résilience du fait de détenir des fonds propres additionnels, et des répercussions plus vastes sur la capacité du système financier à soutenir la transformation économique. Cela dit, nous estimons que l’établissement du plafond de la fourchette à 3 % permet de préserver une réserve substantielle tout en accordant aux banques une plus grande marge de manœuvre en appui à l’activité de prêt et à des investissements responsables.
Notre expérience et notre analyse servent de rappel que les gains de résilience liés aux réserves de fonds propres décroissent à mesure que les réserves gonflent, alors que les répercussions sur l’intermédiation financière se prononcent.
Nous sommes d’avis que la réserve restante favorise toujours la forte résilience du système bancaire. En outre, la libération de fonds propres annoncée aujourd’hui représente une occasion extraordinaire pour les 6 grandes banques canadiennes d’investir dans l’immense potentiel qu’offre l’économie du pays.
En résumé, avec cet ajustement des niveaux de fonds propres, nous estimons que les banques canadiennes investiront davantage dans l’économie pour la soutenir dans cette période de changement structurel et de nouvelles occasions.
Nous continuerons de surveiller les vulnérabilités du système financier et l’évolution générale de la conjoncture économique, et nous nous tenons prêts à rajuster le taux de la RSI si les conditions venaient à le justifier.
Je vous remercie. C’est avec plaisir que je répondrai maintenant à vos questions.