Chapitre 1 : Le BSIF

Type de publication
Rapport annuel
Date

Mandat

Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) est un organisme indépendant du gouvernement du Canada. Il s'emploie à maintenir la confiance du public dans le système financier canadien en réglementant et en surveillant environ 350 institutions financières fédérales (institutions financières ou IFF)Note de bas de page 1 et 1 200 régimes de retraite privés fédéraux (régimes de retraite ou RRPF). On trouvera de plus amples renseignements à ce sujet sur la page Entités réglementées du site Web du Gouvernement ouvert.

Son mandat consiste à :

  • assurer la bonne santé financière des institutions financières et établir si les régimes de retraite respectent les exigences minimales de capitalisation, de même que d'autres exigences prévues par la loi
  • veiller à ce que les institutions financières se protègent contre les menaces à leur intégrité et à leur sécurité, notamment l'ingérence étrangère
  • intervenir rapidement lorsque des problèmes surgissent et exiger que les institutions financières et les régimes de retraite prennent les mesures qui s'imposent pour corriger la situation sans délai
  • surveiller et évaluer les risques, tout en encourageant les institutions financières et les régimes de retraite à les gérer sainement

Dans l'exercice de son mandat, le BSIF s'attache à protéger les droits des déposants, des souscripteurs et des créanciers des institutions financières tout en tenant compte de la nécessité pour celles-ci de faire face à la concurrence et de prendre des risques raisonnables. Il cherche aussi à protéger les droits et les intérêts des participants, des anciens participants et des bénéficiaires des régimes de retraite.

Notre modèle de financement

Nous établissons notre budget conformément aux Principes fondamentaux pour un contrôle bancaire efficace publiés par le Comité de Bâle, aux principes de base d'assurance (Insurance Core Principles (PDF), en anglais seulement) et aux principes de surveillance des régimes de retraite (Principles of Private Pension Supervision (PDF), en anglais seulement). Ces principes énoncent les normes minimales en matière de réglementation et de surveillance prudentielles des banques, des sociétés d'assurance et des régimes de retraite. Nous appliquons ce processus vigoureux reposant sur l'analyse critique dans les secteurs que nous réglementons pour cerner les principaux risques et affecter les ressources nécessaires à la réalisation efficace de notre mandat.

Conformément à la Loi sur le Bureau du surintendant des institutions financières, plus de 99 % de nos dépenses sont à coûts recouvrés, principalement grâce aux cotisations versées par les institutions financières et les régimes de retraite que nous réglementons. Par conséquent, les dépenses du BSIF n'ont aucune incidence sur la situation budgétaire du gouvernement du Canada. Une petite partie de notre budget, soit 0,37 %, est financée au moyen de crédits, afin d'appuyer les services actuariels fournis par le Bureau de l'actuaire en chef à certaines organisations fédérales.

Contexte organisationnel

Notre structure organisationnelle

Le BSIF est dirigé par le surintendant des institutions financières et rend compte au Parlement par l'entremise du ministre des Finances. Au cours du dernier exercice, en concordance avec la priorité du gouvernement du Canada consistant à exercer une gestion plus rigoureuse des dépenses dans la fonction publique, nous avons peaufiné notre structure organisationnelle en ramenant de cinq à trois le nombre de secteurs fondamentaux, ce qui constitue un modèle opérationnel plus rationalisé (se reporter à la section « Tour d'horizon de nos secteurs »).

Outre ces trois secteurs, le BAC est une unité indépendante au sein du BSIF qui fournit divers services d'évaluation et de consultation actuarielles au gouvernement du Canada. Il rédige les rapports actuariels sur des programmes comme le Régime de pensions du Canada, le Programme de la sécurité de la vieillesse et les régimes de retraite et d'assurance publics. Bien que l'actuaire en chef relève du surintendant, l'élaboration des rapports et des opinions actuarielles se fait de manière indépendante.

Enfin, le BSIF a une fonction indépendante d'audit interne qui relève directement du surintendant. Le dirigeant principal de l'audit et son équipe ont comme rôle de fournir une assurance indépendante et objective que les processus de gestion du risque, de contrôle et de gouvernance du BSIF sont adéquats et efficaces. La fonction d'audit interne fournit aussi un soutien au Comité d'audit du BSIF : ce dernier est un organe qui relève du surintendant et qui se penche sur les finances, la gouvernance, la gestion du risque et les mécanismes de contrôle interne. Au 31 mars 2026, le Comité d'audit était composé de cinq membres externes et indépendants.

Tour d'horizon de nos secteurs

Secteur du risque, de la stratégie et des politiques

Le Secteur du risque, de la stratégie et des politiques a comme tâche d’élaborer des consignes, d’interpréter des textes législatifs et réglementaires, de traiter les demandes d’agrément et de participer à l’établissement de normes d’audit et de normes comptables et actuarielles. De plus, il surveille et analyse les risques non financiers, exerce une surveillance des risques pansystémiques et évalue les risques émergents. Il assure la gestion de la gouvernance, appuie les efforts en vue d’assurer une gestion efficace du risque d’entreprise et contribue au renforcement des capacités en matière de planification stratégique, de rendement et de données.

Secteur de la surveillance

Le Secteur de la surveillance assure la surveillance des institutions financières et des régimes de retraite conformément à une approche fondée sur le risque. Il se concentre en priorité sur les risques importants, évalue les processus de gouvernance et la gestion des vulnérabilités financières et autres, surveille la résilience et la conformité, et prend des mesures lorsque cela est nécessaire pour corriger des lacunes, contribuer à la sécurité et à la solidité des institutions, et maintenir la confiance du public. Il aide à assurer le respect de nos attentes en matière de fonds propres et de liquidité en effectuant des évaluations, en menant des activités de suivi et en échangeant avec les institutions concernées.

Secteur de l’intégrité, de la sécurité nationale et des solutions intégrées 

Le Secteur de l’intégrité, de la sécurité nationale et des solutions intégrées communique des renseignements spécialisés et autres ainsi que des conseils à la fois à l’intérieur de l’organisme et à l’intention de partenaires et de parties prenantes de confiance à propos des menaces, des risques et des vulnérabilités pouvant mettre en péril la sécurité et l’intégrité des institutions financières, voire du secteur financier dans son ensemble. Les responsabilités de ce secteur consistent également à fournir des services organisationnels qui nous aident à nous acquitter de notre mandat.

Bureau de l’actuaire en chef (BAC)

Le Bureau de l’actuaire en chef (BAC) offre des services actuariels indépendants au gouvernement du Canada. L’actuaire en chef assume l’entière responsabilité du contenu et des opinions actuariels des rapports et conseils du BAC, en veillant au respect des mandats législatifs. Le BAC collabore aussi avec le Secteur de la surveillance aux fins de la supervision des régimes de retraite.

 

Nos collaborateurs

Nous avons noué des relations étroites avec différents partenaires canadiens et internationaux, et nous collaborons régulièrement avec eux pour que les activités de réglementation et de surveillance soient coordonnées et prennent en compte le risque, et également pour avoir une connaissance commune de la situation qui prévaut. Grâce à ces partenariats, nous sommes plus à même de repérer les risques émergents, d'exercer une supervision efficace et de concourir à la résilience et à l'intégrité du système financier du Canada.

Collaboration nationale

Partenaires qui constituent le filet de sécurité fédéral

Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires qui constituent le filet de sécurité fédéral afin de coordonner la supervision des institutions financières et de faire le suivi des facteurs pouvant poser un risque pour la stabilité financière. Ces partenaires comprennent le ministère des Finances du Canada, la Banque du Canada, la Société d'assurance-dépôts du Canada (SADC), l'Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) et le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).

La Loi sur le BSIF prévoit la mise sur pied du Comité de surveillance des institutions financières (CSIF), sous la présidence du surintendant des institutions financières, pour coordonner les questions relatives à la surveillance et à la réglementation des institutions financières. Le CSIF tient des réunions trimestrielles pour appuyer la mise en commun de l'information et tenir des discussions sur les risques émergents, les questions liées à la surveillance et les dossiers ayant une incidence sur la stabilité financière. Outre le surintendant, le CSIF compte parmi ses membres le commissaire de l'ACFC, le gouverneur de la Banque du Canada, le président et chef de la direction de la SADC, le sous-ministre des Finances et le directeur de CANAFE.

Nous avons aussi des contacts avec nos partenaires du filet de sécurité fédéral dans le cadre des travaux d'autres comités, notamment le Comité consultatif supérieur, présidé par le sous-ministre des Finances, et le Comité des responsables des organismes de réglementation, présidé par le gouverneur de la Banque du Canada.

Adhésion de CANAFE au Comité de surveillance des institutions financières

Aux termes de la Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, qui a reçu la sanction royale le 26 mars 2026, le directeur de CANAFE devient membre du Comité de surveillance des institutions financières (CSIF). Cette même loi modifie en outre la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes afin d'autoriser CANAFE et d'autres entités membres du CSIF à échanger des renseignements de surveillance qui présentent une pertinence par rapport au mandat du Comité. Ces modifications servent à améliorer la coordination au niveau du filet de sécurité financière fédéral et contribuent à l'instauration d'une approche plus systématique en matière d'intégrité financière, de sécurité nationale et de surveillance prudentielle. Visitez notre site Web pour en savoir plus sur la collaboration entre le BSIF et le CANAFE.

Organismes de réglementation provinciaux

Nous collaborons aussi avec des organismes de réglementation provinciaux pour permettre d'exercer une surveillance coordonnée, échanger des renseignements et des points de vue au sujet de questions émergentes, et promouvoir l'instauration d'un environnement réglementaire homogène et éclairé englobant l'ensemble des différentes administrations. Ces liens nous aident à demeurer au fait des risques et des plus récents développements au sein du secteur financier canadien dans son ensemble.

Partenaires du milieu de la sécurité et du renseignement

Dans un contexte caractérisé par des menaces de plus en plus complexes, nous tenons un dialogue avec des partenaires du milieu de la sécurité et du renseignement pour être mieux informés de la situation d'ensemble et pour discerner les risques pouvant mettre en péril l'intégrité et la sécurité du secteur financier. Ces partenariats aident à orienter nos travaux de surveillance et à acquérir une compréhension plus concertée des menaces émergentes.

Collaboration internationale

Différents organismes internationaux jouent un rôle de premier plan en vue de promouvoir la résilience du système financier à l'échelle mondiale. Nous participons aux travaux d'organismes de normalisation internationaux et à des forums de surveillance afin de prendre part à l'élaboration des cadres de réglementation, de maintenir notre conformité aux normes et aux pratiques exemplaires internationales, et à adapter notre approche en fonction de l'environnement de risque propre au Canada. Parmi les principaux organismes internationaux, on retrouve le Conseil de stabilité financière (en anglais seulement), le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (en anglais seulement) et l'Association internationale des contrôleurs d'assurance (en anglais seulement). Grâce à cette participation continue, nous faisons valoir les perspectives canadiennes et nous conservons une bonne réputation sur la scène internationale.

Nous participons aussi aux travaux de collèges de surveillance au regard d'institutions financières internationales menant des activités au Canada. Ces collèges de surveillance comprennent des représentants d'organismes de réglementation étrangers, ce qui permet de tirer parti de différentes perspectives de réglementation, de discuter de risques propres aux institutions et de pratiques de gestion du risque, et d'exercer une supervision coordonnée des groupes transfrontaliers. Au cours de l'exercice 2025‑2026, nous avons organisé six collèges de surveillance. Cette collaboration nous aide à comprendre la manière dont les événements survenant à l'échelle internationale peuvent avoir des répercussions sur les activités menées au Canada, et renforce notre capacité de surveiller des institutions ayant une empreinte internationale complexe.

L'environnement de risque dans lequel nous exerçons nos activités

Nous avons publié notre Regard annuel sur le risque pour l'exercice 2025-2026 en mars 2025, et notre Mise à jour semestrielle du Regard annuel sur le risque en octobre 2025. On y indique que le système financier du Canada demeure résilient, tout en soulignant des vulnérabilités persistantes, liées notamment à des niveaux d'endettement élevés, aux fluctuations des taux d'intérêt et à une incertitude économique et géopolitique qui ne s'estompe pas. Il est aussi question de risques non financiers notables, en particulier le risque lié aux technologies, le cyberrisque et la dépendance envers les tiers fournisseurs.

Le Regard annuel sur le risque de l'exercice mentionnait 4 risques prépondérants pesant sur le système financier canadien : le risque lié à l'intégrité et à la sécurité; le risque lié aux prêts de gros; le risque de financement et de liquidité et le risque lié aux prêts hypothécaires et aux prêts garantis par un bien immobilier. Dans la Mise à jour semestrielle du Regard annuel sur le risque, on réaffirmait le caractère prioritaire de ces risques, et on évoquait l'incertitude additionnelle entourant les droits de douane et les échanges commerciaux, de même que les tensions chroniques sur le marché de l'habitation.

En avril 2026, l'évolution de l'environnement de risque nous a amenés à procéder à une importante révision de notre Regard annuel sur le risque pour l'exercice 2026‑2027 de manière à concentrer notre attention sur 3 risques prioritaires : le risque lié aux prêts hypothécaires garantis par un bien immobilier, le risque lié à l'intermédiation financière non bancaire et le risque de liquidité et de financement. Outre ces risques prépondérants, nous continuons de faire preuve de vigilance à l'égard d'un plus large éventail de risques importants, liés notamment aux prêts de gros, à l'intelligence artificielle, à la cybersécurité et à la technologie, à l'intégrité et à la sécurité ainsi qu'aux tiers.

Tout cela confirme la nécessité d'exercer une gouvernance ferme, une gestion efficace du risque et une surveillance judicieusement ciblée, considérant le fait que, en cas de crise, les résultats dépendront de plus en plus des interactions entre ces vulnérabilités. C'est cette dynamique qui a déterminé nos priorités en matière de surveillance et de réglementation en 2025‑2026, nos efforts visant à renforcer la résilience du système financier canadien au sein d'un environnement opérationnel en évolution. Au cours de l'exercice, nous nous sommes concentrés sur différentes façons dont les risques peuvent se propager et s'intensifier :

  • Interdépendances et risque systémique – La dépendance envers des fournisseurs de services communs, le recours aux mêmes marchés pour recueillir du financement et l'adoption de modèles opérationnels similaires peuvent conduire à une transmission des chocs d'une institution à l'autre, tandis que les événements ayant des répercussions sur les opérations ou l'intégrité peuvent donner lieu à une érosion de la confiance et à des pressions sur les liquidités.
  • Institutions financières non bancaires – La prolifération des liens de ces institutions avec les banques et les assureurs peut accentuer le risque de propagation en cas d'exposition envers des contreparties, d'appels de marge et de demandes de liquidités. Il faut aussi mentionner les mécanismes comme les transferts de risques synthétiques, qui peuvent permettre de transférer le risque de crédit et donner lieu à une concentration des expositions en période de tension.
  • Risque de liquidité et de financement – Bien que les réserves de liquidités demeurent importantes, le facteur essentiel tient à la possibilité de les utiliser, surtout lorsque des chocs de volatilité des marchés et de confiance surviennent en période de contraintes opérationnelles.
  • Résilience opérationnelle et dépendance envers des tiers – Les cyberincidents, les crimes financiers, les fuites de données ou les pannes chez les tiers fournisseurs peuvent perturber la prestation de services essentiels, miner la confiance et exacerber les tensions financières.
  • Cryptoactifs et risque lié à l'innovation financière – Nous avons fait un suivi des intersections entre entités réglementées à l'égard de différents mécanismes – garde, règlement, services aux clients, cryptomonnaies stables, etc. – où le risque est fonction de la gouvernance et du degré d'intégration.
  • Risque financier en lien avec les changements climatiques – Le risque physique, le risque de transition et le risque de responsabilité peuvent influer sur la valeur des actifs et sur les modèles d'affaires au fil du temps.
  • Risque de modélisation et risque lié aux données – Un recours accru à des modèles et à des données imparfaites peut accentuer l'incertitude, surtout lorsque les conditions s'écartent des tendances historiques.

Charles Richer 
Analyste en rémunération 
Efficacité en milieu de travail

Sharon Chambers Creary 
Spécialiste principale 
Division de la gestion du risque opérationnel

Patrick Cane 
Directeur 
Surveillance de l’industrie

Tracy Alexander 
Chef de cabinet 
Surintendante adjointe, Surveillance